Mai 68

Jeudi 21 août 2008
Il y a quarante ans, les chars du Pacte de Varsovie entraient dans Prague. Cette invasion marquait à n'en pas douter la fin de ce qu'on a appelé le Printemps de Prague.



Qu'est ce que le Printemps de Prague ?

Les Soviétiques ont imposé en 1948 (lors du Coup de Prague) le communisme en Tchécoslovaquie : le pays devient alors de fait,  un satellite de l'URSS. Avec l'arrivée de khrouchtchev au pouvoir (1953-56), certains gouvernements des démocraties populaires tentent de prendre un peu de liberté vis-à-vis du PC soviétique.
En janvier 1968, Alexander Dubcek arrive à la direction du PC tchécoslovaque et tente une expérience du "socialisme à visage humain" qui consiste à concilier socialisme et liberté en autorisant par exemple la libre discussion.  En avril, alors que la jeunesse d'occident s'agite, Dubcek supprime la censure et autorise les voyages à l'étranger : c'est le Printemps de Prague. Ces réformes mécontentent le reste du bloc de l'Est (voir doc 1). Le 3 août, il est appelé afin de s'expliquer à un sommet tenu par les soviétiques à Bratislava.



Pourquoi envahir Prague ?
L'expérience réformatrice menée par Dubcek déplaît de plus en plus à Moscou qui craînt la "contagion" dans les autres Démocraties Populaires et  décide d'envoyer le 21 août 1968, les forces du Pacte de Varsovie à Prague. On retrouve encore une fois des chars soviétiques dans la capitale d'Europe de l'Est (comme à Budapest en 1956). La population, cette fois-ci ne résiste pas avec les armes afin d'éviter le bain de sang. Les Tchèques tentent alors de dialoguer, brûlent quleques chars et  pour résister ôtent le nom des rues.
Dubcek est envoyé de force en URSS et quelques jours plus tard, il doit signer un accord qui marque la fin des réformes, quelques temps plus tard, il est destitué ainsi que les autres  réformateurs.






A l'occasion de l'affaire tchécoslovaque est proclamée la doctrine Brejnev qui ne reconnaît aux pays socialistes qu'une souveraineté limitée. Le pays se résigne donc à la normalisation en suivant rigoureusement les évolutions politiques et doctrinales de Moscou.


Les documents

Doc 1
Lettre adressée par les partis communistes de Bulgarie, de Hongrie, de Poligne, de RDA et d'URSS au Comité central du PC Tchécoslovaque (PCT), le 15 juillet 1968.

Le cours des événements dans votre pays suscite chez nous une profonde inquiétude. L'assaut, soutenu par l'impérailisme, auquel se livre la réaction contre votre parti et les fondements du régime socio-politique de la République Socialiste Tchécoslovaque menace, nous en sommes profondément convaincus, de faire dévier botre pays de la voie du socialisme et, par conséquent, mendace les intérêts de tout le système socialiste. (...)
Nous n'avons pas eu et nous n'avos pas l'intention d'intervenir dans des affaires qui sont purement intérieures à votre parti et à votre Etat, non plus que de violer les principes de respect, d'indépendance et d'aglité dans les relations entre les partis communistes et les pays socialistes.
En revanche, nous ne pouvons accepter que des forces hsotiles fassent dévier botre pays de la voie du socialisme et menacent d'arracher la Tchécoslovaquie à la communauté socialiste. Sur ce point, vous n'êtes déjà plus seuls en cause. (...) Il s'agit de la cause commune de nos pays, que se sont unis dans le Pacte de Varsovie afin d'assurer leur indépendance, ainsi que la paix et la sécurité en Europe, et de de dresser une barrière insurmontable devant les menées des forces impérialistes de l'agression et de la revanche.
(La Documentation française, Faits et documents)

Doc 2
 Les images d'août 1968




Doc 3
2000 ans d'histoire, émission de Patrice Gelinet sur France Inter ( 28 minutes) consacrée à la fin du " Printemps de Prague"













'Cliquer sur la radio pour télécharger le fichier audio)

Lire aussi le bel et très complet article 
du blog de Julien Blottière

J-Christophe Diedrich





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Lundi 2 juin 2008
Mai 68, c'est aussi dans une certaine mesure....du n'importe quoi....Les barricades élevées un peu partout en dépit du bon sens. Les jets de pavés sur les CRS et les dégradations de la rue Gay -Lussac  sont des dérives que certains "enragés " de l'époque regrettent aujourd'hui. Surtout depuis que l'on sait que le préfet de police Grimaud a permis de limiter les dérapages des CRS.

Dans le cadre de la semaine consacrée à mai 68...nous avons donc organisé un concours grotesque du lancer de pavé de mousse...en hommage au n'importe quoi ...
Voici quelques images pour rendre compte








Une partie de billes était organisée également en marge de la compétition !





Par Diedrich
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Samedi 24 mai 2008
Vendredi, les lycéens musiciens se sont réunis pour proposer un concert autour de l'année 68: au programme une douzaine de chansons de groupes aussi différents que : The Beatles (Yesterday), Creedence, Dylan, Doors, Dutronc, Nougaro, Joan Baez, Rolling Stones, Lennon etc...
Voici une vidéo et quelques photos....

VOus pouvez podcaster pendant quelques jours encore, le reportage qu'a fait France 3













Par Diedrich
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Lundi 19 mai 2008
Aujourd'hui,atelier de peinture dans l'expo 68. Un vieux tourne disque nous a permis de travailler en musique.....Hendrix, Pink Floyd, Leforestier nous accompagnaient ....J'ai pu découvrir les talents de certains dont Fanny, Sandy... bravo à tous...

Cliquez sur l'image ci-dessous pour aller voir la vidéo








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Vendredi 9 mai 2008
L'utopie communautaire est sans aucun doute l'expression  de la contre-culture qui a  vu le jour au milieu des années 60 d'abord aux Etats-Unis.  Quelle est cette utopie ?  Quel est le lien avec mai 68 en France ?
Pourquoi celle-ci fut finalement vouée à l'échec ?



La notion de communauté renvoie à de nombreuses expériences passeés : la communauté paysanne, la communauté religieuse ou encore au communisme avec l'idée d'un partage égal des biens. L'homme a depuis longtemps élaborer des vies en communautés d'essence et de philoophie très différentes : le familistère de Fourier ou les Kibboutz en Israël.

Dès 1965, une série d'expériences communautaires atypiques prennent vie d'abord aux EU puis partout dans le monde occidental. Le quartier de prédilection de ces communautés se trouve à San Francisco à Haight Hasbury.


                         Le Nouveau-Mexique ( EU), 1969, extrait de Courrier International, janvier 2008.



Quelles sont les motivations de ces individus qui décident de se réfugier dans ces communautés ?
La première motivation est le rejet de la société de consommation (le métro, boulot, dodo) et la volonté de mettre en pratique l'idée d'un retour à la terre (souvent en accord avec les premières convictions écologiques), la seconde est de remettre en cause le carcan des traditions familiales (refus du conditionnement social) , la troisième est de mettre en place une société fondée non plus sur le profit mais sur le partage.
Militantisme, contre-culture, écologie sont donc le plus souvent les ressorts de ces expériences communautaires. Les hippies et le mouvement digger (en référence aux gueux qui, sous Cromwell cultivaient les terrains communaux pour ne pas mourrir de faim) sont la plupart du temps ceux qui décident de se rassembler en communauté.

La mode des communautés s'impose en France réellement après l'épisode de mai 68. Face à l'échec politique de la révolte étudiante, les jeunes tentent d'appliquer immédiatement dans leur quotidien, les principes libertaires et la contre-culture. Les communautés se multiplient donc après le printemps 68 et suscitent immédiatement l'inquiétude et la suspicion des autorités qui les surveille. Un rapport de 1973 montre que leur nombre atteint des reccords ! plus de 300 communautés stables sur le territoire (plus dans les zones rurales, Massif central, Cévennes, Larzac etc...) Un fichier est établi, la gendarmerie établit à cet égard, une surveillance parfois tâtillonnne.


Malgré quelques réussites passagères, les communautés connurent deux dérives qui les amenèrent inéxorablement vers leur disparition au début des années 80:
Soit, la communauté se fondit progressivement dans les populations néo-rurales en continuant à défendre des valeurs écologistes, soit au contraire, la communauté bascula dans un enfermement sectaire.

Marcel Bolle de Bal, sociologue belge explique l'échec de cette utopie communautaire : "bâtie sur le mythe égalitaire de l'autogestion, de la diffusion complète du pouvoir, de la négation des rapports de domination. Le mythe n' a pu résister au choc de la réalité".
Le film de François Leterrier datant de 1981 intitulé Les babas-cool dissèque avec une certaine justesse le fonctionnement des communautés, les mesquineries, les faux-semblants de la libération sexuelle et du militantisme post-soixantehuitard. C'est une belle comédie acide comme la troupe du Splendide a su en faire.



                         La communauté fait du théâtre militant.... dans les babas-cool, le film (1981)



La vente de la production de la communauté, miel, fromage de chèvre et pull en laine... Vous aurez saisi le sens du détail du décorateur du film avec l'autocollant anti-nucléaire sur la camionnnette. 
             

bibliographie :
QUERO Laurent, L'utopie communautaire in ARTIERES P. et ZANCARINI-FOURNEL M. Une histoire collective 1962-1981, La Découverte, PAris, 2008, pp 528-532.
CHANCEL Jules, Communautés, in WARESQUIEL E., Le siècle rebelle, dictionaire de la contestation au XXe siècle, Larousse, 2004.



Jean-christophe Diedrich


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Jeudi 1 mai 2008
Cette semaine, on trouve une fois de plus, à la Une d'un magazine, Caroline de Bendern.
En quoi mai 68 a une une influence toute particulière sur sa vie ?


Voici une photo bien singulière, elle a symbolisé en quelques jours l'espoir,  le lyrisme moderne de la révolte du mouvement étudiant de mai 68.

Caroline Bendern est une jeune britannique de 23 ans qui se trouve dans les manifestations, elle est fatiguée. On lui demande de tenir un drapeau, elle choisit le drapeau du Vietnam pour protester contre la guerre menée par les EU dans ce pays.
Sa vie va alors alors basculer quand le reporter Jean-Pierre Rey immortalise ce moment. Nous sommes, le 13 mai place Edmond Rostand au coeur de la manifestation. La photo fait le tour du monde, car elle fait penser au tableau d'Eugène Delacroix, la liberté guidant le peuple.
Un peu malgré elle, la jeune femme devient l'icône de 68. Cette photographie va ensuite la poursuivre toute sa vie durant. Son grand-père, elle aristocrate richissime la découvre sur l'une des couvertures en égérie révolutionnaire. Excédé, il va la déshériter et celle-ci va perdre une fortune.
Après les événements, elle décide de suivre des artistes dans un collectif appelé Zanzibar au sein duquel elle réalise en 1971 un film intitulé "A l'intention de Mademoiselle Issoufou à Bilma".




Une icône qui fait vendre ?
En 1978, 1988, 1998, elle se retrouve régulièrement à la Une de tous les magazines. Elle décide alors de poursuivre le photographe Jean-Pierre Rey au nom du droit à l'image. Elle perd ses trois procès.



Voici ce que dit Caroline de cette photo et de sa posture, de liberté guidant le peuple :
Au fond, je prends la pose. Et je suis piégée par cette pose. Parce que d'un coup l'émotion me gagne : cette foule qui converge, juste, ardente, lumineuse, avec toutes ces bannières, et ce symbole si lourd au bout de mon bras... Je deviens exactement ce que j'essaie de paraître. Je ne joue plus aucun rôle, je suis à fond dans le mouvement et dans l'instant, et consciente, moi, l'aristo anglaise, d'une responsabilité


La Une de Marianne de mai 2008



Par Diedrich
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Lundi 21 avril 2008
                                      Le Républicain Lorrain, 8 mai 1968

Les événements de mai tardent à venir à Metz dans cette cité aux allures austères, habituellement peu encline à la révolte. En effet, la ville et le département de la Moselle ont toujours voté "conservateur" depuis la première élection présidentielle de 1848 aux élections de mai 2007. Le vote à gauche des deux bassins industriels du Nord du département est généralement compensé par la partie rurale du département et la ville de Metz.

Mai 68 débute à Metz le 7 mai, avec une première réunion sur l'île du Saulcy. Cette île qui appartenait à l'armée est depuis peu une cité universitaire dépendante de celle de Strasbourg. On trouve à cette époque trois établissements, le Collège Universitaire Scientifiques (1963), l'Ecole Nationale d'Ingénieurs de Metz (1965), et l'IUT de mesure physique (1967) quant au Collège Littéraire Universitaire, il se situe dans la ville (rue de l'Amphithéâtre) dans des préfabriqués.

La révolte de Mai 68 s'articule un peu comme en France autour de deux contestations : la première est étudiante, la seconde ouvrière. Les étudiants messins, peu nombreux (1600 à la rentrée 1967) sont peu enclins à la révolution, ils revendiquent quelques améliorations matérielles, mais surtout l'ouverture d'une Université autonome à Metz avec des enseignements de 2è cycle inexistant jusqu'alors. Certes, on constate qu'à de nombreuses reprises, qu'ils se montrent solidaires des Parisiens, en critiquant les violences policières mais la situation messine les isole quelque peu. Ils trouvent auprès de leurs professeurs et des édiles locaux des alliés de circonstance pour que puisse naître l'Université de Metz : pas très révolutionnaire, tout cela ! * 400 étudiants à la porte Serpenoise

On distingue deux types de revendication : Les revendications générales : Elles se rapprochent de celles de Paris, libération des étudiants, cogestion de l'Université, plus de crédits pour l'Université, obtention d'une allocation d'étude pour chaque étudiant et l'assurance d'un avenir sur le marché du travail

 

Mardi 7 mai

* Un meeting a lieu sur l'île du Saulcy dans lequel est décidée une motion qui sera déposée à la préfecture et à l'hôtel de ville.

 

* Les revendications locales:

La revendication centrale du mouvement messin s'éloigne un peu des attentes nationales, puisqu'il n'est presque qu'exclusivement question de la création d'une université à Metz. Les étudiants réclament également des crédits pour la création d'une 3ème année aux CSU et CLU, l'intégration de l'enseignement technique à l'Université et le développement de la recherche à Metz.

Sur les banderoles de la manifestion, on peut lire :

DES FACULTES COMPLETES A METZ
RESPECT DE L'UNIVERSITE

DU TRAVAIL APRES LES EXAMENS
LIBEREZ NOS CAMARADES
LICENCE COMPLETE A METZ


Jeudi 9 mai

* Une réunion a lieu à l'ENIM, discours de Ferrari, représentant de l'AFGEN (Association fédérative générale des étudiants de Metz), insistant sur la nécessité d'une solidarité avec les étudiants parisiens. Suivi du discours du directeur de l'ENIM qui propose la reprise des cours tout en poursuivant le dialogue dans l'espoir de transformer en profondeur l'Université. Tous réitèrent la revendication de la création rapide d'une université à Metz.
* Les étudiants votent la reprise des cours et manifestent encore dans la ville.

Samedi 11 mai

* Une délégation CLU (Collège littéraire universitaire) est reçue par le député-maire Raymond Mondon afin que soit créé une troisième année de licence à Metz.

* Parmi les 327 étudiants en 2nde année, près de 80 % exercent un emploi. Une fois en licence, ils doivent le quitter pour poursuivre leurs études à Nancy ou Strasbourg.
*
Les étudiants universitaires de Metz ont repris la grève afin d'être solidaires des étudiants parisiens et de la répression violente des autorités. Ils réclament la libération des étudiants et leur amnistie totale. (RL du 12 mai)

Lundi 13 mai

* Grève dans de nombreux secteurs, les enseignants du primaire et du secondaire et de tous les fonctionnaires. Le rassemblement a lieu place Mazelle pour terminer par un meeting place de la Comédie. Le cortège défile dans le calme à l'exception de bousculades avec les forces de l'ordre à l'entrée de la ru

e Serpenoise.
* Ferrari élève ingénieur de l'UNEF prend la parole et critique vertement la décennie gaulliste écoulée, insistant sur le fait que les problèmes des étudiants et des travailleurs sont les mêmes. Tour à tour, les délégués syndicaux prennent la parole, Hatstatt de la CGT, Rigaud du syndicat FO des mines de charbon et Condé au nom de CFDT-SGEN.


Pierre Ferrari (RL, 15 mai 68)

Jeudi 16 mai

* Les syndicats d'enseignants se réunissent afin de définir leur position quant à la réforme de l'Université et au maintien ou non de l'organisation des examens.
* Grève dans l'usine de machines agricoles Claas à Woippy (banlieue de Metz). Les ouvriers de cette filiale d'une entreprise allemande revendiquent un salaire mensuel minimum de 700 frs, des primes de fin d'année et le paiement de la formation continue.

 

révistes de l'usine CLAAS, Le Lorrain du 17 mai

 

Vendredi 17 mai

* Une délégation de 12 élèves du CLU sont partis à Strasbourg prendre contact avec les étudiants de cette université afin d'adopter une prise de position pour la suite de la grève.
* Les étudiants du CSU se réunissent également afin de revendiquer également la création d'une faculté des Sciences complète sur le site de Metz.

* Le Ministère accorde la création d'une classe de Lettres Sup au lycée de jeunes filles de Metz (actuel Georges la Tour).

Samedi 18 mai
Signature d'un protocole d'accord entre les étudiants du CSU et les enseignants concernant l'organisation des examens de fin d'année. Les dates sont fixées du 11 au 20 juin. Après ces examens, le protocole prévoit une refonte de la façon d'évaluer les étudiants dans le cadre de négociations prochaines.
« L'Université de papa est morte, Vive l'Université nouvelle dans une société plus juste et plus fraternelle » clame l'un des étudiants au journaliste du Républicain Lorrain.

Dimanche 19 mai

* L'intersyndicale des mineurs de fer du l'Est de la France décide la grève.
* Le conflit étudiant s'étend définitivement dans tous les secteurs, paralysie du réseau ferroviaire dans tout l'Est.

Lundi 20 mai

Les étudiants du CLU constituent une commission paritaire destinée à se prononcer sur l'organisation des examens et sur l'avenir de la Faculté de lettres de Metz.

Les étudiants du CLU et leurs professeurs (RL du 22 mai)

La grève s'est étendue en province à de nombreux services de l'Etat, après la SNCF, les PTT (Réunion des grévistes postiers au Café des Arts à Metz)

Les enseignants du primaire ont accueilli les élèves ce lundi mais ont remplacé les cours normaux par des activités de loisirs. Dans le secondaire, le taux d'absentéisme des élèves varient de 60 à 95 %.

La grève est bien suivie dans les houillères et dans les mines de fer. (75 à 80 %) ainsi qu'à la CAF

L'Usine d'électricité de Metz ainsi que les transports publics (TCRM) ne connaissent à ce jour aucune perturbation.

Mardi 21 mai

La paralysie est presque totale, les écoles sont fermées, les mines de fer et de charbon ainsi que les usines de la métallurgie (le RL signale pour minimiser le mouvement que 14 usines sidérurgiques fonctionnent encore)

L'un des chefs des étudiants de Nanterre, Cohn-Bendit est interdit de séjour en France alors qu'il est en voyage en Allemagne (il aurait passé la frontière quelques jours avant au poste frontière de Stiring-Wendel).


Vendredi 24 mai

Eloignons-nous quelques heures de la préfecture de la Moselle pour suivre un épisode frontalier quelque peu rocambolesque qui met en scène, le plus célèbre des "enragés", Daniel Cohn-Bendit.

Daniel Cohn Bendit et Dieter Wolff (chef des étudiants socialistes allemands) déclarent par voie de presse vouloir passer en force la frontière française au poste frontière proche de Forbach.

Dany le Rouge comme on le surnomme, veut se rendre en France avec une centaine d'étudiants allemands. Après un meeting à l'Université de Sarrebruck, l'Enragé entouré de banderoles sur lesquelles on pouvait lire : le pouvoir étudiant abattra le militarisme, Solidarité internationale doit d'abord négocier avec la police allemande. Une délégation est autorisée à se rendre de l'autre côté de la frontière, il est alors accueilli par les autorités qui l'emmène à la gendarmerie de Forbach afin de lui signifier son arrêté d'expulsion qu'il refuse de signer.

Ramené au poste frontière, Dany est alors expulsé, mais auparavant il déclare à la presse : "je ne suis pas un provocateur, ce sont plutôt le recteur Roche et le ministre Fouchet qui le sont, en ayant fait occuper la Sorbonne par la police. J'ai refusé de signer parce que je ne suis pas un perturbateur. D'ailleurs, ce n'est pas l'expulsion d'un seul homme qui réglera les problèmes en France et je reviendrai... "

Cohn-Bendit resta seulement 75 minutes en France. Il faut dire que les autorités avaient préparé un comité d'accueil conséquent, près de 200 CRS et une partie de la population était d'ailleurs hostile à l'arrivée de ce « révolutionnaire allemand », en effet, les Anciens combattants de Forbach avaient fait savoir qu'ils ne laisseraient pas entrer cet Allemand en France.

 

 

Cohn-Bendit à Forbach le 24 mai (RL du 25 mai)


Daniel Cohn-Bendit reviendra avec les cheveux teints en noir le 28 mai pour un meeting à la Sorbonne.

Samedi 25 mai

Un bilan de la situation est fait par le Républicain Lorrain. Les camions de l'armée ont remplacé les transports en commun dans Metz, les grands magasins de la ville sont ouverts à nouveau. La SNCF et les PTT sont bloquées. Les écoles ne sont pas rouvertes. Du côté des "bonnes nouvelles", le journal annonce que le ramassage des ordures ménagères, l'eau et l'électricité fonctionnent normalement. Il n'y a pas non plus de pénurie d'essence pour le moment.

Dimanche 26 mai

Réunion rassemblant le Recteur de l'Académie de Strasbourg Bayen, le préfet de Région, Dupuch, le député-maire Mondon et les directeurs des quatre établissements d'enseignement supérieur de Metz. Le Recteur accorde le feu vert pour demander d'urgence à Paris la création à Metz de deux facultés de Sciences et de Lettres.
L'Université de Strasbourg accepte l'autonomie messine, il faut cependant l'accord de Paris pour finaliser le projet. Les négociations seront encore longues mais il semble que la cause soit entendue.

Lundi 27 mai

La grève se poursuit dans l'enseignement (primaire- secondaire) et s'étend à tout le département. SNCF, PTT, Impôts, Equipement, Pompiers, CPAM et CAF, les houillères, la sidérurgie et les mines de fer, la Manufacture de Tabacs à Metz sont touchés mais également l'administration de la Préfecture et des Sous-Préfectures. Le mouvement semble se généraliser encore si l'on en croit les titres du Républicain Lorrain : Net durcissement en Lorraine.

Mercredi 29 mai

-Imposants meeting à Metz, Nancy et Algrange. A Metz, le cortège rassemble plusieurs milliers de manifestants venant de 26 usines de Moselle à l'appel de la CGT et de la CFDT. Quelques élus défilent parmi les manifestants, MM Depieiri député-maire de Moyeuvre ou Madelaine, maire de Nilvange.
Manifestation du 29 mai ( RL du 30 mai)

Vendredi 31 mai

* Ouverture des portes de la poste de Metz par les forces de police.
* Début de la reprise du travail dans la sidérurgie où le patronat propose des augmentations de salaire de 10%.

Samedi 1er juin

Grande manifestation gaulliste dans Metz. De nombreux drapeaux tricolores et quelques slogans sur des pancartes : Libérez nos usines, Ouvrez les écoles, Les enseignants enseignent, Non au drapeau rouge, Les Lorrains sont derrière De Gaulle.


 

 

 

Contre-manifestation du 1er juin (RL 2 juin)

Mardi 4 juin

La reprise du travail se fait lentement dans les transports en commun messins (TCRM), les négociations se poursuivent pour les mineurs. Le retour à la normal est proche dans les deux bassins industriels du Nord de la Moselle.

Mercredi 5 juin

Beaucoup d'élèves devant le lycée de Rombas peu dans le lycée : sur 2000 élèves seulement 250 sont en cours. Les enseignants grévistes sont cependant minoritaires (30%)

Vendredi 21 juin

-Les épreuves du bac débutent dans le seul centre d'examen du département, au lycée Fabert. 3000 candidats sont attendus pour des épreuves orales (exclusivement) en raison des perturbations des grèves de mai. On prévoit d'excellents résultats pour cette année.

 

 

Les oraux du bac, Le Lorrain du 22 juin 68

 

Jean-Christophe Diedrich

 

 


Par Diedrich
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