Découvertes et promenades

Dimanche 27 septembre 2009
Sa mort, courant septembre est passée presqu'inaperçue. Bien sûr Télérama et Libération ont fait leur Une sur la disparition du photographe à la longévité exceptionnelle. Mais Willy Ronis est longtemps resté dans l'ombre de Robert Doisneau ou de Cartier-Bresson.




Qui était Willy Ronis (Ronisen de son vrai nom), en quoi ce photographe peut-il être appelé un photographe humaniste ?
Né à Paris en 1910, il est le fils d'un immigré juif ukrainien qui fuyait les pogroms. Sa mère est pianiste, il rêve lui aussi de devenir musicien mais à son retour de service militaire, son père photographe, lui demande de l'aider à son atelier.
Sa carrière de photographe débute vers 1936, à la mort de son père lorsqu'il abandonne le studio pour se lancer dans la photo de rue.
Très vite, il apprend à saisir des instants, des personnages ....Son sujet de prédilection est la rue, plus précisément les quartiers populaires : Ménilmontant, Belleville,

"Je ne mets pas en scène, je négocie l'aléatoire", cette phrase résume le travail patient de Willy Ronis, observateur infatigable de la beauté fugace des scènes de la vie. Il saisit d'abord, les milieux populaires dans leur loisir mais également dans leurs luttes : les manifestations du Front Populaire sont les premiers clichés qu'il réussit à vendre, lea occupations d'usine avec cette femme qui harangue la foule lors des grèves à Citroën (1938).
Rose Zehner est cette femme qui a osé prendre la parole au milieu de cette foule en colère. Longtemps ce cliché est resté dans les cartons du photographe. Quarante ans plus tard, il publie et expose la photographie, la cousine de Rose contacte le photographe. 




Des histoires comme cela, Willy Ronis en raconte des dizaines et des dizaines à travers ses interviews ou ses livres.


Une autre photographie est prise en 1947 à Joinville lors d'un reportage sur les guinguettes. Chez Maxe, Ronis est immédiatement attiré par un groupe de danseurs. Il n'arrive pas à les prendre d'aussi loin, il s'installe sur une chaise et fait signe au danseur accompagné de deux femmes de s'approcher. L'ayant remarqué, le danseur continue à danser tout en s'approchant. Elégant et sûr de lui, le jeune homme laisse transparaître sa jeunesse et sa robustesse. Mais quand la musique s'est arrêtée et qu'il a repris sa place, Ronis s'aperçut qu'il avait un pied bot, handicap complètement invisible pendant la danse.
Laissons s'exprimer encore WIlly Ronis pour comprendre son art :

" Le moment où je choisi de prendre une photo est très difficile à définir. C'est très complexe. Parfois, les choses me sont offertes, avec grâce. C'est ce que j'appelle le moment juste. Je sais bie que si j'attends, ce sera perdu, enfui. J'aime cette précision de l'instant. D'autres fois, j'aide le destin. Par exemple, ici, je sais que le premier couple ne s'est rendu compte de rien, mais pour avoir cette photo précise, je les ai vraiment appelés, mes danseurs. L'histoire ne s'arrête pas là. Il y a trois ans, j'ai reçu une lettre de la danseuse qui est sur la droite. Elle me disait qu'elle voyait cette photo de temps en temps dans la presse et qu'elle tenait à me dire combien elle était touchée par tout ce qu'elle représentait. Sa jeunesse, l'ambiance de ces guinguettes, et bien sûr la jeune fille qui dansait sur la gauche qui était une copine d'enfance. Mais le garçon, non, elles ne l'avaient plus jamais revu. Elles n'avaient dansé que cette fois-là avec lui."




Les années 40 et 50, l'école humaniste française, autour du Groupe des XV (groupe de 15 photographes se réunissant  régulièrement à partir de 1946) connaît une sorte d'apogée. Willy publie ses photos pour de nombreux journaux et arrive également à publier ses livres (qui ne sont pas tous un succès).



Durant les années 60 et 70, les photographes humanistes sont passés de mode. Willy Ronis doit quitter la capitale et s'installe dans le Midi où il enseigne son art. Ces années sont un peu des années d'oubli pour les photographes qualifiés d'humanistes (Ronis, Doisneau, Boubat, Izis) mais dans les années 80 avec la mode du rétro, on les redécouvre : on republie poster, carte postale et autres supports les photographies d'un Paris disparu.
Des livres sont republiés. J'ai entre les mains, une nouvelle édition de Belleville Ménilmontant chez Hoëbecke datant de 1999 dans laquelle Willy Ronis représente pour cette 3è réédition, de nouveaux clichés et Didier Daenickx, le romancier de talent qui nous emmène dans une petite histoire dans ce quartier populaire.

Le photographe infatigable continue à hanter les rues des quartiers populaires parisiens encore quelques années....saisissant les Parisiens dans un Paris qui s'est transformé, tours de verre, cabines téléphoniques, voitures....les visages, les attitudes nous racontent toujours les mêmes histoires.



Finissons ce portrait de Willy Ronis en évoquant  Le mineur silicosé, 1951...le portrait de ce mineur usé par la vie, le travail, la maladie.... ne devrait pas vous laisser insensible.

Lors d'un reportage à Lens, on avait conduit Ronis, chez un mineur silicosé. Ce dernier était très malade et en avait plus pour très longtemps. Il regardait dehors, fumait encore et encore. Il est mort quelques mois après à l'âge de 47 ans....


 






Willy Ronis, Ce jour-là, Folio, 2008, 192 p
Willy Ronis, Didier Daeninckx, Belleville Ménilmontant, 1999, 99 p.


JC Diedrich

Par Diedrich
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Dimanche 20 septembre 2009

Les journées du patrimoine réservent parfois de belles surprises, à Metz par exemple s'ouvrait au public pour la première fois, l'ancienne prison des femmes.




L'affluence était grande et les organisateurs avaient limité l'accès à une vingtaine de visiteurs à la fois tant les lieux sont exigus. Dès le premier coup d'oeil,  ces lieux en imposent ...non pas par leurs volumes architecturaux ou la qualité du bâti; non, mais plutôt par la vétusté de l'intérieur qui inspire une certaine empathie pour les prisonniers qu'on tente de faire revivre dans notre esprit.
Après quelques minutes, on se projette et on fait ce petit exercice intellectuel..de s'imaginer vivre dans ces cellules minuscules : insupportable, impensable, inhumain sont les mots qui me viennent alors à l'esprit.

Les peintures écaillées, les quelques inscriptions sur un banc, les photos anciennes finissent par planter le décor, une atmosphère lourde m'incitant  à un certain recueillement.



Rappelons en quelques dates, l'historique de cette prison appelée la Madeleine (située en Chandelerue).
En 1768, les pères bénédictins de l'abbaye de St-Symphorien abandonnent à la ville le bâtiment et le roi par un édit institue une sorte de prison pour les prostituées arrêtées dans la ville.
En 1775, le bâtiment  de la Madeleine devient un dispensaire pour les prostituées afin d'en enfermer les vénériennes.
En 1811, le bâtiment s'est agrandi encore, il devient une maison de correction (pour des peines de moins d'un an) pour les délinquants des deux sexes.
En 1837, le bâtiment est reconstruit et les femmes sont séparées des hommes par une grande enceinte. Deux ans plus tard, on y installe des ateliers pour les prisonniers;
En 1895, les Allemands transforment l'établissement en une prison uniquement pour les femmes.
En 1984, la Madeleine est transformée en centre des semi-liberté pour être fermée définitivement en 2003.








POur aller plus loin : Christian CARLIER, L'histoire des prisons à MEtz d el'Ancien Régime à nos jours, Editions Serpenoise, Metz, 2009, 156p.


JC Diedrich


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Jeudi 10 septembre 2009
Les travaux avancent bien ...non ?

Je vous invite à suivre la vidéo hebdomadaire de la construction ...vidéo accélérée des photos prises par la Webcam....c'est amusant et finalement.... beau.
Le toit est terminé, l'habillage de l'entrée a débuté....C'est en bonne voie !

Cette architecture audacieuse qui s'élève dans le quartier de la Gare à Metz est le fruit de l'imagination de Shigeru Ban.
Mais qui est Shigeru Ban ?

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Par Diedrich
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Lundi 12 janvier 2009
La figuration narrative ce n'est pas du Pop Art à la française !


                                            Bernard Rancillac, Bloody comics, 1977



On connaît l'expressionnisme, le symbolisme, la peinture figurative mais la figuration narrative reste un mouvement encore peu connu du grand public.


Pourquoi cette méconnaissance et quels sont les principes de ce courant pictural ?

Naissance et polémiques

Le mouvement voit le jour en 1964 à l'occasion d'une exposition intitulée "mythologies quotidiennes" au musée d'art moderne de Paris. Ce mouvement apparaît au moment où l'abstraction connaît un déclin alors que la BD, le cinéma et la photographie s'imposent comme des arts à part entière.

 


                                   Gilles Aillaud, La bataille du riz, 1968

 

Lire la suite sur le nouveau blog collectif, SAMARRA  hébergé par Mondomix

 

 


Par Diedrich
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Jeudi 4 décembre 2008
Il y a quelques jours, on m'a envoyé le lien d'un site dans lequel on peut jouer à de petits jeux géographiques....
Repérer les pays sur un planisphère, repérer les villes en Europe, les Etats des EU et enfin le must : placer 30 villes sur une carte de France.
A chaque partie, un score qui est fonction de la qualité de la localisation et de la rapidité avec laquelle vous situez les villes.

On se prend rapidement au jeu.....avec un peu d'entraînement, on peut dépasser les 100 000  pour les 200 000...il faut être sans doute super rapide.

A vous de jouer




Par Diedrich
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Lundi 27 octobre 2008
A la FIAC (Foire Internationale de l'Art Contemporain), Yan Pei-Ming expose un double portrait des candidats à la présidence des Etats-Unis.



Cette grande aquarelle, illumine deux visages qui semblent avoir le même âge. Avantage Mac Cain qui se paie à peu de frais une cure de rajeunissement instantané.  Le regard lumineux de Mac Cain ne résiste cependant pas à la confiance et l'assurance qui se dégage d'Obama.
Là encore, le match est serré mais c'est sans conteste, Obama qui sort vainqueur.

Yan Pei-Ming est un peintre né à Shanghai en 1960 qui a étudié en France (depuis 1982), après avoir été pensionnaire à la Villa Médicis de Rome, il décide en 1999 de ne plus peindre que des portraits monochromes (même si il a depuis fait quelques entorses).
Ces portraits sont marqués en effet par leur grandeur, leur côté photographique (même si parfois la largeur du trait brouille la netteté de l'image pour en renforcer l'émotion) et leur monochromie.  Il se dégage de ces peintures le plus souvent  de la violence, de la vie ou de la mort, bref un résumé d'humanité en quelques centimètres carré.

Les sujets qu'il choisit font de cet artiste, le témoin et le défenseur des plus fragiles, prostituées, brigands, vieillards et des figures plus connues : ecclésiastiques, futurs présidents des EU...




















































Sur l'artiste : la FRAC de Bourgogne
La fondation Maeght
D'autres toiles sur Artnet

JC Diedrich

Par Diedrich
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Lundi 22 septembre 2008

C'est cette semaine que le film de Laurent Cantet sort sur les écrans... Je rappelle qu'il a obtenu la palme d'or à Cannes en mai dernier et que l'auteur François Bégaudeau incarne le rôle du professeur....



Bégaudeau, Bégaudeau....ah, si je prends le livre en main et que je regarde la biographie succincte, je lis qu'il a publié moins d'une demi-douzaine de livres entre 2003 et 2006 dont le dernier est Entre les murs. J'apprends sur Wikipedia qu'il est l'auteur en 2008 de l'antimanuel de littérature (collection assez formidable à laquelle Bernard Maris et Michel Onffray ont déjà participé). Je sais qu'il est jeune (né en 1971) et assez beau garçon (à vous de juger) et qu'il a d'abord été professeur de lettres dans le secondaire avant de devenir écrivain à plein temps. Il a été également membre d'un groupe de rock-punk, les Zabriskie Point.
Depuis la sortie et le succès de son livre Entre les murs sa vie professionnelle semble transformée...chroniqueur littéraire sur Canal +, dans des magazines, il publie beaucoup ....son tout dernier (Une chic fille) est consacré à la journaliste prise en otage en Irak, Laurence Aubenas.


Revenons à son livre qui lui a permis de sortir de l'anonymat (le prix Télérama et photo en Une du même magazine), Entre les murs est un drôle de livre. Le style est assez simple, Bégaudeau nous invite dans le quotidien d'un enseignant de Lettres dans un collège de banlieue parisienne. Ce livre ne s'adresse pas exclusivement aux enseignants même si du coup, il est facile pour ces derniers de s'identifier.... C'est assez bien réussi....ces relations de travail entre enseignants : les phrases et les mots raisonnent bien, on sent le vécu. Cela ne veut pas pour autant dire qu'il s'agit d'un bon livre.


 

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Par Diedrich
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