(...)
Lire la suite et écouter la chanson de Nino Ferrer sur Histgeobox
JC Diedrich
Attention, chanteur de talent
Comme son nom ne l'indique pas, ce chanteur d'à peine trente ans est suédois (mais de parents argentins, réfugiés politiques). Il a été découvert par le grand public après que sa musique ait été utilisée pour une publicité pour Sony.
Dont voici le clip....très beau. Tout le monde aura reconnu les rues de San Francisco.
JC Diedrich
En effet, cette chanson est écrite au moment où de grands films sur le Vietnam sont sortis : Apocalypse Now (79), Voyage au bout de l'enfer (78), Rambo (82) Birdy (84) ou sont en préparation
Rambo II (85), Platoon (86) et Full Metal Jacket (87). L'Amérique des années 80 tentent incontestablement une introspection de ces événements douloureux pour suivre une sorte de thérapie
collective.
Ces films (tous) excellents ont-il atteint leur objectif ? Il est difficile de l'établir mais l'élection de Ronald Reagan en 1981 marque une volonté de faire revenir l'Amérique au tout premier
plan et de tirer les leçons de cette étrange défaite. America is Back était le slogan de la campagne du président républicain Reagan.
Lire la suite et voir la vidéo sur Histgéobox
Cette chanson quoique moins naïve est inspirée de la même veine...Elle est un point de vue occidental sur la guerre froide du milieu des années 80. L'opinion publique est fatiguée de cette guerre si singulière et devine inconsciemment que le système soviétique n'en pas plus pour longtemps...sa dangerosité s'effrite surtout depuis que le réformateur Gorbatchev est arrivé au pouvoir en mars 1985. L'anticommunisme est donc moins virulent ou tout au moins, plus ciblé. A la sortie de l'album, la Perestroïka et le rapprochement Est-Ouest transforme immédiatement Russians en objet d'histoire puisque les dirigeants ont changé. Certes, la méfiance vis-à-vis de Gorbatchev va quelque peu perdurer. Tout cela n'empêche pas la chanson de rencontrer un franc succès, particulièrement en France.
- Celui-ci, me dit-on, est la Médaille militaire. L'autre, la Croix de Guerre. Et voici la Légion d'honneur de Lyon. La rosette.
- Je ne vois ni médaille ni croix, observai-je, mais de jolis galons de couleur. Serait-ce qu'il y eut une guerre et que vous...
- Quatorze-Dix-huit, fit-il, me coupant la parole, mais sans insolence.
- Je m'exprime mal, repris-je, seriez-vous revenu de la guerre ?
- Sans une égratignure, jeune homme.
La canaille semblait s'en vanter.
- Voulez-vous me dire, poursuivis-je (d'un ton que j'avais quelque peine à modérer), que cette guerre de Quatorze a été mal faite ?
Eh bien non. J'ai fait mon enquête ; elle est concluante. La vérité est affreuse : toute noire avec du rosé en plaques ; la voici : à chaque guerre, des milliers de combattants reviennent sains et saufs.
*
* *
Mais, quoi !...à chaque guerre, le même phénomène navrant se reproduit : on engage, en masse, des amateurs. La guerre, pourtant, ce n'est pas n'importe quoi ; c'est fait pour tuer les gens et ça s'apprend. Or, que se passe-t-il ? Chaque fois, dans les deux camps, au lieu de confier à des mains professionnelles l'infinité de tâches délicates qui concourent à la réussite des belles campagnes, on embauche des milliers de manœuvres non spécialisés et on les fait instruire par des guerriers professionnels âgés ou de grade inférieur, donc qui ont raté une guerre précédente. Comment veut-on que l'esprit des recrues - et certaines ne demanderaient pas mieux que de se dévouer à la cause de la guerre - acquière les qualités nécessaires à la réalisation parfaite d'une guerre idéale ? Sans nous y attarder, ne faisons qu'effleurer au passage le terme " mobilisation ". Croyez-vous que le dessein du législateur, en employant ce mot, ait été, justement, d'" immobiliser " les mobilisés dans les casernes ? Pour moi, éclairé que je suis déjà par mes réflexions, la contradiction ne saurait surprendre ; elle procède purement et simplement de l'esprit de sabotage entretenu par les survivants des guerres passées.
(...)
Qu'on se réveille donc, il est temps encore ; allons contre ce courant dangereux qui nous entraîne vers les gouffres. Qu'on me croie : le jour où personne ne reviendra d'une guerre, c'est qu'elle aura enfin été bien faite. Ce jour-là, on s'apercevra que toutes les tentatives avortées jusqu'ici ont été l'oeuvre de farceurs. Ce jour-là, on s'apercevra qu'il suffit d'UNE guerre pour effacer les préjugés qui s'attachent encore à ce mode de destruction. Ce jour-là, il sera, à jamais, inutile de recommencer.
Le 29 sable 86, vacuation de Bombe.
Chemises d'organdi, chaussures de zébu
Cravate d'Italie et méchant complet vermoulu
Un rubis au doigt... de pied, pas çui-là
Les ongles tout noirs et un tres joli p'tit mouchoir
J'vais au cinéma voir des films suédois
Et j'entre au bistro pour boire du whisky à gogo
J'ai pas mal au foie, personne fait plus ça
J'ai un ulcère, c'est moins banal et plus cher
J'suis snob... J'suis snob
J'm'appelle Patrick, mais on dit Bob
Je fais du ch'val tous les matins
Car j'ador' l'odeur du crottin
Je ne fréquente que des baronnes
Aux noms comme des trombones
J'suis snob... Excessivement snob
Et quand j'parle d'amour
C'est tout nu dans la cour
On se réunit avec les amis
Tous les vendredis, pour faire des snobisme-parties
Il y a du coca, on deteste ça
Et du camembert qu'on mange à la petite cuiller
Mon appartement est vraiment charmant
J'me chauffe au diamant, on n'peut rien rêver d'plus fumant
J'avais la télé, mais ça m'ennuyait
Je l'ai r'tournée... d'l'aut' côté c'est passionnant
J'suis snob... J'suis snob
J'suis ravagé par ce microbe
J'ai des accidents en Jaguar
Je passe le mois d'août au plumard
C'est dans les p'tits détails comme ça
Que l'on est snob ou pas
J'suis snob... Encor plus snob que tout à l'heure
Et quand je serai mort
J'veux un suaire de chez Dior!
JC Diedrich
