Terminales Es et STG

Vendredi 6 novembre 2009

Commémoration oblige, un article sur la chute du mur semble être incontournable. Pourtant, je ne peux pas redire ce qui a déjà été dit par d'autres blogs....la redondance a des limites !
C'est pourquoi je vous invite à lire l'excellent article de mon collègue Julien Blottière !
Ici un extrait



La chute de l'affreux édifice le 9 novembre 1989 s'explique en premier lieu par l'état de déliquescence dans lequel est plongé le bloc soviétique depuis une dizaine d'années. Les réformes engagées par Gorbatchev ne parviennent pas à sauver le système. En relâchant la pression sur les démocraties populaires, l'URSS s'avère incapable d'étouffer les attentes immenses de libertés des populations d'Europe de l'est. Tout au long de l'année 1989, ce processus d'émancipation se fait jour, d'abord en Pologne ou en Hongrie, puis bientôt dans tous les Etats satellites. L'ouverture des frontières de la Hongrie avec l'Autriche, le 22 septembre 1989 constitue ainsi la première brèche dans le “rideau de fer”.

 

 Lire la suite de l'article et trouvez de nombreux liens (dont la vidéo en 3D d'un descriptif étonnant du système frontalier est-allemand)




Je me propose de mon côté de traiter ici, sous un angle particulier cet événement à travers la biographie du dernier dirigeant de la RDA, Egon Krenz


Egon Krenz est le dernier dirigeant est-allemand qui accompagna impuissant la chute du mur mais aussi celle du régime communiste de RDA. Ce dirigeant réformiste arrivé bien tardivement à la tête de la RDA est pourtant un jeune apparatchik du régime qui se propose à l'instar de Gorbatchev de réformer son pays mais l'histoire est allée trop vite.
Egon Krenz, l'apparatchik réformateur ?
Il est né en 1937 dans une ville du Nord de l'Allemagne près de Rostock, il n'a presque pas connu le régime nazi. Il adhère dès 1955 au parti socialiste est-allemand (le SED), il gravit rapidement les échelons du parti pour devenir membre du comité central dès l'âge de 36 ans en 1973. Membre du Parlement, du présidium et enfin du Politburo (1983), il devient l'un des hommes politiques les plus en vu au début des années 80 alors que le régime se sclérose autour du vieillissant Erich Honecker.
Au moment, où le régime fête son 40ème anniversaire, les manifestations grandissent en même temps que la grogne populaire, la STASI n'arrive plus à maîtriser cette colère qui est de plus en plus ouverte. Lors du voyage de Gorbatchev la foule acclame ouvertement le dirigeant soviétique réformateur en ignorant ostensiblement le dirigeant Est-allemand Erich Honecker. Celui-ci démissionne le 18 octobre, officiellement pour raison de santé laissant à son dauphin (alors responsable de la sécurité et de la jeunesse) un pays au bord de la révolte. Egon Krenz tente de reprendre la main lors d'un discours télévisé promettant des réformes rapides à condition de ne pas remettre en cause, le rôle dirigeant du SED.
L'opposition grandissante ne peut plus se satisfaire d'aussi timides avancées convaincue qu'Egon Krenz sera incapable de réformer la RDA en profondeur. Début novembre, le leader se rend à Moscou où il obtient l'appui de Gorbatchev. Krenz croit que Gorbatchev lui donne l'assurance que Moscou ne soutiendra aucune idée de réunification. Il semble pourtant que le dirigeant soviétique soit également en contact avec les autorités ouest-allemande qui "tate le terrain".





La chute du mur de Berlin demeure l'épisode phare de sa courte histoire gouvernementale : la décision d'ouvrir la frontière est prise après un remaniement du bureau politique, le 8 novembre mais elle n'était en aucun cas planifiée. C'est lors d'une conférence de presse, en direct à la télévision que Günter Schabowski, membre du dit bureau qui rend compte des mesures prises par le conseil des ministres à (propos de l'assouplissement de la réglementation sur les sorties de territoires des Allemands de l'Est,) que celui-ci semble s'embrouiller et annonce que les mesures sont valables dès à présent. Tout citoyen Est-allemand est libre de sortir du territoire et donc de se rendre à l'Ouest. La nouvelle se diffuse rapidement et des milliers de Berlinois de l'Est se rendent aux postes frontières pour vérifier l'information. C'est dans la soirée du 9 novembre que les gardes frontières ouvrent les barrières vers l'ouest...C'est le début de la fin ! 

Egon Krenz après le mur
Le régime communiste va rapidement vaciller après la chute du mur. Le 11 novembre, Egon Krenz tente d'établir une rencontre avec le chancelier Helmut Kohl mais on sent bien que Krenz est déjà un homme du passé. Le 13 novembre, l'élection par la chambre d'un nouveau 1er ministre est-allemand Hans Modrow, plus réformateur encore que Krenz fragilise encore la position de ce dernier. Populaire, Modrow met en place une gouvernement de coalition où pour la première fois, des ministres non communistes participent au pouvoir.
Le 17 décembre, Krenz démissionne de son poste de président du Conseil d'Etat laissant la place à Manfred Gerlach, maire et chef du parti démocrate-libéral.
La RDA ne résiste pas longtemps aux sirènes de l'unification allemande et le 3 octobre 1990, l'Etat  s'intègre  à la RFA soit moins d'un an après la chute du mur.

Pour les anciens dirigeants communistes de RDA, des temps difficiles commencent alors. Ils sont en effet poursuivis pour les actes commis pendant la période malgré des chefs d'inculpation qui tiennent difficilement en matière de droit. Toujours est-il qu'Egon Krenz est rapidement inquiété par la justice de la nouvelle Allemagne pour sa responsabilité dans la mort des personnes tentant de traverser le mur. IL est condamné à plus de 6 ans de prison par le tribunal de Berlin en août 1997 pour quatre homicides volontaires de fuyard est-allemands, peine confirmée en appel en novembre 1999. Libéré depuis, Egon Krenz porte un regard bien différent sur les événements de 1989 : minimisant la culpabilité du régime et critiquant les dérives actuelles du régime libéral de l'actuelle RFA.
Egon Krenz est ainsi un homme politique qui continue à défendre un idéal socialiste rénové. Son passé d'apparatchik, me semble-t-il, le décrédibilise beaucoup dans sa prise de parole actuelle. Sa récente interview est cependant intéressante même si, elle manque sans doute d'objectivité. 


Lire ici, l'interview d'Egon Krenz recueillie par José Fort et publiée dans l'Humanité et sur ce blog





Pour conclure, je vous propose de visionner cette vidéo nostalgique (ostalgique) de la DDR, où les traces les plus visibles de cette république défunte sont présentés sous une musique patriotique.... A Berlin, il y a d'ailleurs un musée très intéressant et très ludique de la DDR que je vous conseille d'aller voir.





JC Diedrich

Par Diedrich
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Mardi 14 juillet 2009

La sortie sur les écrans du documentaire,  Apollo 11 fleure bon la commémoration à l'occasion des 40 ans de la mission.
Cet événement est sans conteste le point d'orgue de la courte histoire de la conquête spatiale. Inégalé par son impact médiatique, l'intérêt pour l'espace et les vols habités semblent moins évidents.

Un pari politique dans un contexte de guerre froide
Le programme Apollo débute en 1961, il est une réponse de Kennedy au succès soviétique du premier homme dans l'espace (Youri Gagarine). Dans un discours célèbre (25 mai 1961), le jeune président américain promet qu'avant la fin de la décennie 1960, un Américain marchera sur la lune. Ce discours conforte l'effort considérable que les Américains souhaitent consentir pour égaler et dépasser les Soviétiques dans la course à la conquête spatiale. En effet, les programmes Vanguard (envoi d'un satellite dans l'espace) et Mercury (vol habité dans l'espace) sont à la traîne par rapport aux Soviétiques.  L'effort budgétaire accordé pour le programme Apollo est en effet, tout à fait considérable plus de 25 milliards de dollars sur 13 années (voir le détail sur ce site très documenté)



En quoi consiste la mission Apollo 11 ?
Apollon 11 est seulement la 5è mission américaine habitée . Elle prévoit l'alunissage d'un engin sur la lune.  La mission débute le 16 juillet 1969 à Cap Canaveral (Floride) avec le décollage de la fusée Saturn. Le voyage de la capsule jusqu'à la lune durera plus de 75 heures pour parcourir plus de 380 000 km. La vitesse de la capsule dépassera les 4100 km/h. Dans l'orbite de la lune, la capsule se divisa : l'une appelée Columbia reste en orbite avec l'astronaute Mike Collins, l'autre (Eagle) occupée par Neil Armstrong et Buzz Aldrin doit alunir.
Le 20 juillet 1969 à 22h56 (heure de Houston), Neil Armstrong pose le pied sur la lune, il est rejoint par Aldrin. Ils effectuent une sortie de 2 h30 et récupèrent plus de 21 kg de roches lunaires.





Le retentissement médiatique et une propagande bien orchestrée.



" That's one small step for a man but one giant leap for mankind"
" C'est un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour l'humanité"

La phrase a sans doute été préparée par les équipes de la Nasa. L'événement a par ailleurs été largement médiatisé. On remarquera l'omniprésence des caméras et des appareils photos durant la mission. Celle-ci ne pouvait exister que si elle avait une couverture médiatique.
Les images sont d'ailleurs retransmises partout dans le monde. On estime qu'il y a eu près de 500 M de personnes qui ont suivi l'événement. Pour la première fois, la télévision joue son rôle de premier média de masse désormais devant la radio.




Le président Richard Nixon félicite en direct les astronautes....et organise une conférence avec les astronautes après leur retour sur terre. Là encore la stratégie médiatique est bien présente....Nixon en difficulté veut en effet, retirer le maximum de cet événement alors qu'il est en difficulté avec le dossier épineux du Vietnam.




Une mission sans lendemain ?

La mission Apollo 11 n'est pas la dernière, cinq autres missions vont explorer encore la lune (exceptée la mission Apollo 13 qui doit revenir d'urgence sur la terre : voir le film de Ron Howard). La dernière mission américaine  Apollo 17 aura lieu  en novembre 1972.
Les missions suivantes 18-19 et 20 sont purement  annulées....l'intérêt scientifique et géostratégique devenant moins évident et les restrictions budgétaires ont eu raison de ces dernières missions.  En effet, les échecs soviétiques de l'envoi d'un vol habité sur la lune rendaient le programme Apollo moins prioritaire. 

Une dernière mission rebaptisée Apollo 18 a lieu en 1975, signe des temps et de la Détente Est-Ouest, elle prévoit la rencontre dans l'espace d'une capsule américaine et soviétique, le 17 juillet 1975.




JC Diedrich



Par Diedrich
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Jeudi 25 juin 2009

Le cru 2009 est un cru très classique, sans surprise apparente. Les élèves ont pu tester la qualité des sujets de secours ainsi qu'une étude documentaire sur la mondialisation. Après deux années d'histoire en majeur, la logique a été respectée, nous avons eu géo en majeur.

Pour consulter les sujets en format PDF  cliquer ici


Le sujet 1 : l'Asie orientale une aire de puissance en expansion.
L'intitulé nous invite à montrer que l'Asie orientale est une aire de puissance qui connaît une expansion : celle-ci est d'abord et surtout une expansion économique mais on pourra sans doute également évoquer d'autres aspects : culturel, démographique ou politique.
Il est nécessaire de définir l'Asie orientale, d'en donner ses limites géographiques comme nous l'avons fait dans le cours car ces limites sont assez arbitraires (la Malaisie par ex est exclue de notre étude alors que Singapour, non.)

Le sujet nous invite donc à aborder trois parties : les aspects de l'expansion  : forte croissance économique et les progrès liés au développement, la structuration de l'espace par des flux intenses et une littoralisation importante, le rôle moteur du Japon, les 4 dragons et l'ouverture de la Chine littorale.

La 2ème partie devant traiter des facteurs, des causes de cette expansion
une stratégie économique régionale (vol de l'oie sauvage : rôle moteur du Japon), un modèle économique extraverti (rôle des investissements étrangers),
association d'une main d'oeuvre hautement qualifiée (sans grande tradition syndicale), des valeurs asiatiques, une classe d'entrepreneurs solide associée le plus souvent à l'Etat.
Un marché intérieur s'appuyant sur une population dense qui s'enrichit.

La 3ème partie devra évoquer surtout les limites de cette expansion.

-La remise en question du modèle économique par l'éclatement des bulles spéculatives, les crises à répétition au Japon et la crise actuelle.
l'absence de véritable intégration régionale et monétaire
l'existence de tensions politiques endémiques : Japon/Chine  Chine/Taîwan Corée du N et du Sud  etc....
Problèmes environnementaux :saturation des espaces, pollutions industrielles en Chine


En conclusion : on pouvait évoquer la crise actuelle ou alors comparer cette aire de puissance avec les autres aires du programme en insistant sur le côté éclaté, discontinu de cet espace et les difficultés à le rendre cohérent du fait de la rivalité Sino-japonaise pour dominer la région.

Bref, un sujet assez facile, à condition d'avoir des connaissances solides. Le plan de la composition ressemblait beaucoup à celui de mon cours. Cependant, il fallait coller au sujet en traitant l'aspect "expansion" de l'aire de puissance....

POur finir une dernière remarque : vous pouviez utiliser les cartes (Asie et Chine) du sujet d'étude pour vous aider à faire un croquis ou à vous repérer ! Je pense que vous l'aviez remarqué !


Sujet 2
L'organisation du territoire des EU


Sujet, classique, voire hyper-classique. VOus trouverez facilement des corrections dans vos manuels qui traitent généralement la question.


Sujet 3

L'espace mondial une inégale intégration dans la mondialisation

C'est le sujet que tout le monde a pris comme d'habitude.
Les questions ne comportent pas de piège. La synthèse permettait toute une série de plans possibles : la seule obligation traiter de cette  inégale intégration : les documents vous conduisez à aborder cette inégalité par zone géographique.

Pour les sujets mineurs, j'en reparle demain !






Par Diedrich
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Mercredi 3 juin 2009
Voici quelques propositions




Le site de Webpedagogie : qui propose des cours et surtout des quizz ..... Voici une idée pour réviser tranquillement et surtout vérifier ses connaissances.



Vous pourrez également aller voir les excellents blogs de mes collègues. Les articles  sont regroupés  par chapitre du programme .....tout pour vous faciliter la vie.....


le Blog de Richard Tribouilloy

le blog d'Etienne Augris

le blog de Julien Blottière



TOUS LES SUJETS DU BAC DE 2005 à 2008
Vous pouvez, en effet, consulter tous les sujets tombés au BAc depuis la mise en place des nouveaux programmes de 2005.... en cliquant ici, c'est le site de l'académie d'Aix-Marseille.


Bon courage








Par Diedrich
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Lundi 4 mai 2009
Comme chaque année, Pondichéry  nous offre un avant-goût du cru de l'année pour ce qui concerne les épreuves du baccalauréat....
Je vous invite à tester la température....par le biais des épreuves....
Sur le site du lycée français de Pondichéry



Pour les séries L/ES : un sujet de composition sur les mémoires de la 2nde GM, un autre sur la société industrielle à la société de communication...et une étude de documents sur la décolonisation.

Pour les cartes :  Les contrastes spatiaux au Brésil et une autre carte sur l'Asie orientale.


Pour la série S : Le monde depuis 1991 en composition, une autre sur la vie politique et les institutions de la Vè République, enfin la même étude de doc que les ES/L sur la décolonisation.

Pour les STG : Des questions portent sur l'ensemble du programme, une carte de l'Europe de la guerre froide est à compléter. Puis des documents sur quatre sujets d'étude : le café, internet, les jeunes et les classes moyennes.



Pourquoi ne pas s'entraîner avec ces sujets ?
Bon courage.
                             



Par Diedrich
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Vendredi 24 avril 2009
Qui se souvient encore de la guerre des Malouines ?

Au Royaume-Uni sans doute un peu, ...en Argentine un peu plus encore : sur la place de Mayo, où pendant longtemps les mères et les veuves réclamaient des nouvelles des personnes que le régime dictatorial avait fait disparaître, on trouve désormais des vétérans de la guerre des Malouines qui réclament une reconnaissance et sans doute une pension d'ancien combattant (voir photo).
                Buenos Aires, Plaza de Mayo avril 2009

Présentons d'abord les iles des Malouines que les Anglais appellent Falkland.

L'archipel des Malouines (Malvinas pour les Argentins) est composé de deux îles principales et d'un chapelet d'ilots, le tout  situé à 500 km des côtes argentines. Les Malouines à la veille de ce conflit comptaient en tout 1830 habitants, surnommés les "Kelpers" qui en majorité habitent dans la principale ville, Port Stanley.

Le premier à découvrir ce territoire semble avoir été Amerigo Vespucci, Esteban Gomez appartenant à l'expédition de Magellan l'aurait également aperçue quelques années plus tard  Alors que les Anglais avancent que le premier découvreur serait John Davis.

Pourquoi cette guerre ?
Il est évident que l'histoire mouvementée de l'île a donné de bonnes raisons pour se disputer sa souveraineté. Successivement, elle est sous domination anglaise puis française (des marins malouins lui donneront d'ailleurs leur nom). En 1767, la France la vend au roi d'Espagne pour 610 000 livres et se charge de chasser les derniers anglais. En 1811, l'Espagne perd ses colonies d'Amérique latine et quitte la zone ainsi que les Malouines. En 1820, les Anglais s'y installent à nouveau, les Malouines étant devenues une terre sans maître. Mais entre temps, l'Argentine revendique l'île et y installe une garnison.  En 1845, le RU annexe officiellement les Falklands et expulse la garnison argentine. Depuis cette date, le contentieux reste ouvert entre ces deux pays. En 1965, l'ONU tente de jouer l'intermédiaire afin de trouver un compromis autour de la souveraineté des Malouines. De longues négociations stériles aboutissent à un statu quo mais surtout  une situation très tendue entre les deux pays. L'arrivée de Reagan au pouvoir change la politique des EU à l'égard des dictatures sud américaines, qui désormais sont soutenues dans le cadre d'une politique plus agressive contre le communisme. En mars 1981, les EU lèvent l'embargo militaire imposé à l'Argentine, encourageant la junte militaire à croire que les EU les soutiendraient dans la reconquête des Malouines. Les pourpalers entre l'Argentine et le RU a propos du contentieux autour de l'île a justement repris en 1981 dans un cadre onusien. 
En 1982, l'Argentine est dirigée par une junte militaire (depuis 1976) fragilisée par l'instabilité gouvernementale : le général Videla est remplacé par Viola lui-même par Galtieri (22 déc 1981). La situation économique n'est pas plus enviable, l'inflation plafonne à plus de 140 % en un an. C'est dans ce contexte économique et politique difficile que Galtieri va souhaiter faire diversion en ressoudant la fibre nationaliste autour d'un vieux conflit territorial.

Le 29 mars 1982, 14 navires argentins simulent des manoeuvres aux larges des côtes argentines et font route vers les Malouines. Le 2 avril  à 4h30, l'opération "Rosario" est lancée, les troupes argentines débarquent sur l'île, les quelques 40 soldats britanniques doivent rendre les armes dans les heures qui suivent. La victoire argentine est acclamée par la population. Le 1er acte est donc une réussite de la junte militaire.


POurquoi la victoire argentine est sans lendemain ?
- La défaite argentine naît tout d'abord de l'erreur d'analyse que fait Galtieri au départ. Il pense que le RU se contentera de protester en cas d'invasion des Malouines . Cette intuition est renforcée par les coupes sombres du gouvernement Thatcher dans le budget de la défense (on retire par ex, le seul navire patrouillant en permanence dans l'Atlantique sud).
- Le RU bénéficie de l'appui unanime de ses alliés : le président Mitterrand contre toute attente est le premier dirigeant à assurer son soutien total au gouvernement anglais et quelques jours plus tard de l'ensemble de ses partenaires européens qui décrètent un embargo sur les armes vers l'Argentine. L'ONU vote à une large majorité la résolution 502 et les EU choisissent finalement de soutenir aussi le RU.
- Les Britanniques engagent une flotte impressionnante pour récupérer ce territoire : 36 navires de la Royal Navy, les matériels sont plus modernes que celui des Argentins : la France donne tous les renseignements utiles sur ses armes Exocets et les Super Etendards qui équipent les troupes argentines  : elle permet même une simulation pour entraîner les troupes britanniques.


La Royal Navy arrive sur zone, le 24 avril date à laquelle débutent les combats (sur l'île de Géorgie du Sud). Les troupes anglaises débarquent le 21 mai et lancent la reconquête militaire de l'île : les combats s'intensifient autour de Port Stanley, le Gl Menendez, gouverneur de  l'île signe la reddition de la garnison le 14 juin contre l'avis
de la Junte.

Quelles conséquences pour l'Argentine et le RU ?

Dès le 17 juin, le Gl Galtieri démissionne et est remplacé par le GL Bignone précipitant le pays vers un retour à la démocratie : élection de Raoul Alfonsin en octobre 1983.
Incontestablement, la guerre des Malouines a rendu la Dame de fer très populaire et démontrait que le RU demeurait une puissance militaire capable de protéger l'ensemble de ses territoires d'outre-mer. La Dame de Fer se fait réélire alors triomphalement en juin 1983. Enfin, ce conflit de faible intensité perturba l'unité du bloc de l'ouest lors des derniers soubresauts de la "guerre fraîche".


JC Diedrich


Sources :
-DIEDRICH Thomas, Un conflit au sein du bloc occidental durant la guerre froide : la guerre des Malouines, Mémoire de maîtrise, Université Nancy II, 2005, 151p. (excellent mémoire !)
-MAISONNEUVE Charles, RAZOUX Pierre, La guerre des Malouines, Rennes, Ed Larivière, 2002, 175p.
-Le long article sur Wikipedia




Par Diedrich
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Dimanche 29 mars 2009

Depuis quelques semaines, j'illustre le blog par une photographie célèbre d'un soldat est-allemand (un VOPO)  franchissant le Mur. Qui est ce soldat  et dans quelles circonstances a-t-il été photographié ?



Konrad Schuman est né en 1942 à Riesa (Saxe), ville située à 40 km au nord-ouest de Dresde. Soldat, il entre dans un corps spécial de sécurité. Après trois mois d'entrainement à Dresde, il est stationné à Potsdam puis à Berlin même. Le 15 août, il est posté devant le mur de Berlin (dont la construction a débuté le 13 août). D'abord, il croit la raison officielle qui a conduit à cette mesure : "éviter les sabotages venant de l'Ouest" !
Mais après avoir interdit à une petite fille en vacances chez ses grands-parents de rejoindre ses parents se trouvant à l'ouest, Konrad Schuman s'interroge sur le bien fondé du mur et du régime. Il n'a que 19 ans mais durant cette même journée, il décide de franchir les barbelés qui séparent les deux Allemagne. La photographie saisit le moment du passage à l'acte mais aussi de la peur qui a pu saisir Konrad Schumann d'être abattu par l'un de ses collègues. Les 192 victimes du mur n'ont pas eu cette chance.

Son geste est saisi par un jeune photographe stagiaire (à Conti Press à Hambourg), Peter Leibing qui justement photographiait le mur en construction qu'on allait rapidement appeler, mur de la honte. La photographie fait le tour du monde et devient (tout au moins pour l'occident) la photo d'un régime communiste avouant ses propres faiblesses.



KOnrad Schuman vécut à l'ouest en Bavière. Le 9 novembre 1989, il confia qu'il se sentait enfin vraiment libre. Dépressif, Konrad se suicida par pendaison en 1998.





Jean-Christophe Diedrich





Par Diedrich
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