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Dans le genre exigeant et toujours peu casse-gueule du biopic, la Dame de fer m'a laissé un peu perplexe. Comment faire un film sur une femme si controversée, si adulée par les conservateurs, si haïe par la gauche ?

 

http://s.plurielles.fr/mmdia/i/63/1/meryl-streep-dans-la-dame-de-fer-film-10644631fkibd_2041.jpg?v=8http://geminiastro.files.wordpress.com/2010/10/thatcher-photo1.jpg

Le parti pris par la réalisatrice anglaise Phyllia Lloyd est de suivre la Dame de fer de l'intérieur, au plus proche en partant du naufrage de sa vieillesse et de sa démence. Il y a forcément une irréductible empathie du spectateur. Le film est ainsi habilement construit ou plutôt déconstruit.....Margaret dialogue avec son mari décédé depuis longtemps. Elle se rappelle et on découvre sa vie par flash, par réminiscence....Et par interlude, nous la voyons divaguer, perdue dans ses pensées ou le passé et le présent se mélangent.....Il y a de quoi avoir le vertige.

L'interprétation de Margaret par Meryl Streep est parfaite....On peut même parler de performance....mais je n'aime pas bp cette expression...un peu trop à l'américaine (Actors Studio). Le maquillage des Margaret aux différents âges sont époustouflants.  Meryl Streep, presqu'Oscarisée donne par ailleurs, à cette Dame de fer, une certaine humanité, elle nous montre ses failles, ses colères et son intransigeance.  Infléxible, femme de poigne, pugnace ....les adjectifs sont nombreux pour définir son caractère bien trempé. 

 

 

 

 

Et c'est là où la mécanique se grippe et se rouille du même coup. Le biopic tourne au bout du compte à l'hagiographie.....Ste Margaret, Ste Infléxible, Ste Conservatrice, Ste Courage.... La réalisatrice nous montre bien sûr quelques manifestations, quelques coups donnés par la police sur quelques mineurs excédés en éludant trop rapidement les luttes et la révolution conservatrice que Miss Maggie a initiée contre les classes populaires en désengageant l'Etat de toutes ses missions non régaliennes. On ne voit donc aucun des oubliés, des appauvris de la décennie thatchérienne.

Le film insiste d'ailleurs surtout sur les réussites de Maggie, l'embellie capitaliste des années 80 et surtout la victoire militaire contre la dictature argentine pour conserver les îles Malouines (Falklands).

 

Afin d'équilibrer quelque peu cette vision trop univoque, je vous conseillerais de visionner quelques films de Ken Loach : Raining Stones ou encore  My name is Joe

 

 

 

 

 

Jean-Christophe Diedrich

Tag(s) : #Terminales Es et STG

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