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Commémoration oblige, un article sur la chute du mur semble être incontournable. Pourtant, je ne peux pas redire ce qui a déjà été dit par d'autres blogs....la redondance a des limites !
C'est pourquoi je vous invite à lire l'excellent article de mon collègue Julien Blottière !
Ici un extrait



La chute de l'affreux édifice le 9 novembre 1989 s'explique en premier lieu par l'état de déliquescence dans lequel est plongé le bloc soviétique depuis une dizaine d'années. Les réformes engagées par Gorbatchev ne parviennent pas à sauver le système. En relâchant la pression sur les démocraties populaires, l'URSS s'avère incapable d'étouffer les attentes immenses de libertés des populations d'Europe de l'est. Tout au long de l'année 1989, ce processus d'émancipation se fait jour, d'abord en Pologne ou en Hongrie, puis bientôt dans tous les Etats satellites. L'ouverture des frontières de la Hongrie avec l'Autriche, le 22 septembre 1989 constitue ainsi la première brèche dans le “rideau de fer”.

 

 Lire la suite de l'article et trouvez de nombreux liens (dont la vidéo en 3D d'un descriptif étonnant du système frontalier est-allemand)




Je me propose de mon côté de traiter ici, sous un angle particulier cet événement à travers la biographie du dernier dirigeant de la RDA, Egon Krenz


Egon Krenz est le dernier dirigeant est-allemand qui accompagna impuissant la chute du mur mais aussi celle du régime communiste de RDA. Ce dirigeant réformiste arrivé bien tardivement à la tête de la RDA est pourtant un jeune apparatchik du régime qui se propose à l'instar de Gorbatchev de réformer son pays mais l'histoire est allée trop vite.
Egon Krenz, l'apparatchik réformateur ?
Il est né en 1937 dans une ville du Nord de l'Allemagne près de Rostock, il n'a presque pas connu le régime nazi. Il adhère dès 1955 au parti socialiste est-allemand (le SED), il gravit rapidement les échelons du parti pour devenir membre du comité central dès l'âge de 36 ans en 1973. Membre du Parlement, du présidium et enfin du Politburo (1983), il devient l'un des hommes politiques les plus en vu au début des années 80 alors que le régime se sclérose autour du vieillissant Erich Honecker.
Au moment, où le régime fête son 40ème anniversaire, les manifestations grandissent en même temps que la grogne populaire, la STASI n'arrive plus à maîtriser cette colère qui est de plus en plus ouverte. Lors du voyage de Gorbatchev la foule acclame ouvertement le dirigeant soviétique réformateur en ignorant ostensiblement le dirigeant Est-allemand Erich Honecker. Celui-ci démissionne le 18 octobre, officiellement pour raison de santé laissant à son dauphin (alors responsable de la sécurité et de la jeunesse) un pays au bord de la révolte. Egon Krenz tente de reprendre la main lors d'un discours télévisé promettant des réformes rapides à condition de ne pas remettre en cause, le rôle dirigeant du SED.
L'opposition grandissante ne peut plus se satisfaire d'aussi timides avancées convaincue qu'Egon Krenz sera incapable de réformer la RDA en profondeur. Début novembre, le leader se rend à Moscou où il obtient l'appui de Gorbatchev. Krenz croit que Gorbatchev lui donne l'assurance que Moscou ne soutiendra aucune idée de réunification. Il semble pourtant que le dirigeant soviétique soit également en contact avec les autorités ouest-allemande qui "tate le terrain".





La chute du mur de Berlin demeure l'épisode phare de sa courte histoire gouvernementale : la décision d'ouvrir la frontière est prise après un remaniement du bureau politique, le 8 novembre mais elle n'était en aucun cas planifiée. C'est lors d'une conférence de presse, en direct à la télévision que Günter Schabowski, membre du dit bureau qui rend compte des mesures prises par le conseil des ministres à (propos de l'assouplissement de la réglementation sur les sorties de territoires des Allemands de l'Est,) que celui-ci semble s'embrouiller et annonce que les mesures sont valables dès à présent. Tout citoyen Est-allemand est libre de sortir du territoire et donc de se rendre à l'Ouest. La nouvelle se diffuse rapidement et des milliers de Berlinois de l'Est se rendent aux postes frontières pour vérifier l'information. C'est dans la soirée du 9 novembre que les gardes frontières ouvrent les barrières vers l'ouest...C'est le début de la fin ! 

Egon Krenz après le mur
Le régime communiste va rapidement vaciller après la chute du mur. Le 11 novembre, Egon Krenz tente d'établir une rencontre avec le chancelier Helmut Kohl mais on sent bien que Krenz est déjà un homme du passé. Le 13 novembre, l'élection par la chambre d'un nouveau 1er ministre est-allemand Hans Modrow, plus réformateur encore que Krenz fragilise encore la position de ce dernier. Populaire, Modrow met en place une gouvernement de coalition où pour la première fois, des ministres non communistes participent au pouvoir.
Le 17 décembre, Krenz démissionne de son poste de président du Conseil d'Etat laissant la place à Manfred Gerlach, maire et chef du parti démocrate-libéral.
La RDA ne résiste pas longtemps aux sirènes de l'unification allemande et le 3 octobre 1990, l'Etat  s'intègre  à la RFA soit moins d'un an après la chute du mur.

Pour les anciens dirigeants communistes de RDA, des temps difficiles commencent alors. Ils sont en effet poursuivis pour les actes commis pendant la période malgré des chefs d'inculpation qui tiennent difficilement en matière de droit. Toujours est-il qu'Egon Krenz est rapidement inquiété par la justice de la nouvelle Allemagne pour sa responsabilité dans la mort des personnes tentant de traverser le mur. IL est condamné à plus de 6 ans de prison par le tribunal de Berlin en août 1997 pour quatre homicides volontaires de fuyard est-allemands, peine confirmée en appel en novembre 1999. Libéré depuis, Egon Krenz porte un regard bien différent sur les événements de 1989 : minimisant la culpabilité du régime et critiquant les dérives actuelles du régime libéral de l'actuelle RFA.
Egon Krenz est ainsi un homme politique qui continue à défendre un idéal socialiste rénové. Son passé d'apparatchik, me semble-t-il, le décrédibilise beaucoup dans sa prise de parole actuelle. Sa récente interview est cependant intéressante même si, elle manque sans doute d'objectivité. 


Lire ici, l'interview d'Egon Krenz recueillie par José Fort et publiée dans l'Humanité et sur ce blog





Pour conclure, je vous propose de visionner cette vidéo nostalgique (ostalgique) de la DDR, où les traces les plus visibles de cette république défunte sont présentés sous une musique patriotique.... A Berlin, il y a d'ailleurs un musée très intéressant et très ludique de la DDR que je vous conseille d'aller voir.





JC Diedrich

Tag(s) : #Terminales Es et STG

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