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Cette année, j'avais rendez-vous avec l'histoire à Blois.

Pendant quatre jours, j'ai pu profiter de la formidable offre de conférences autour d'un programme riche, consacré au corps.....sujet transversal embrassant toutes les périodes de l'histoire et toutes les spécialités.

Je vous propose quelques petits comptes-rendus rapides....

Pavane pour une société défunte : la représentation des corps des élites françaises à l'époque moderne.

Exposé de Frédéric D'Agay (docteur en histoire, ayant soutenu sa thèse sur les officiers de marine) et Emmanuel Waresquiel, spécialiste de la Restauration.

Le Parlement d'Aix voit le jour en 1501, autour de cette nouvelle institution une noblesse de robe qui va se représenter pendant près de trois siècles à travers des portraits peints et des gravures. La conférence porte sur l'évolution de la représentation de la noblesse à travers la mode mais également son rapport avec l'autorité royale. L'exposé nous présente une série de portraits de parlementaires provençaux qui illustrent l'évolution des représentations des élites :


Le 1er portrait étudié est celui de Vincent Boyer d'Eguilles, fils d'un riche négociant en huile qui entre au Parlement  à la fin du XVIè siècle. L'homme est représenté à mi-corps, en tenue de parlementaire, une fraise, barbu, sans embellissement : avec une impression de sévérité.


Le 2nd portrait est celui du petit-fils du 1er, Vincent Boyer, signé par Legrand en 1658. La famille semble avoir pris encore plus d'assurance. L'homme est assis, les cheveux longs avec une certaine élégance. Il se dégage du regard un certain détachement.

Les années 1655 marquent un tournant dans la représentation des élites : le portrait devient une mode mais également une nécessité sociale. Il faut se représenter avec les attributs du pouvoir afin de diffuser son image  (gravures en particulier) dans les cabinets, auprès de ses amis.  Avec la visite de Louis XIV au début des années 1660 en Provence, la ville d'Aix va adopter la mode parisienne du portrait mais également celle de l'hôtel particulier et de la débauche de richesse de la part de la noblesse de robe. Le portrait devient pour les Parlementaires un moyen d'affirmer leur nouveau pouvoir dans la province.



Durant le 18ème siècle, la noblesse de robe tend à se refermer sur elle-même et se schlérose, il n'y a plus de renouvellement des élites. Parallèlement, sa représentation qui jusqu'à présent mettait en scène le rôle social et politique du portrait se modifie (surtout après 1750), les parlementaires n'hésitent plus à se représenter comme des honnêtes hommes s'éloignant d'un modèle stéréotypé des fonctions du pouvoir pour montrer davantage son caractère et sa noblesse d'esprit. On retrouve par exemple J. Boyer d'Eguilles qui est représenté par le célèbre Rigaud avec une chemise ouverte, un autre est représenté avec une cornemuse. Alors que l'e contrôleur général Calonne est peint en négligé dans son cabinet au milieu de ses livres et curiosités.



L'histoire des représentations de l'élite évolue ainsi selon deux variables :
La 1ère est la fonction sociale du portrait qui varie selon les époques entre l'être et le paraître.
La 2nde est la fonction politique du portrait qui varie tout au long des 17 et 18è siècles vers un effacement des fonctions politiques. Le noble effaçant en quelque sorte sa soumission à l'autorité royale pour valoriser davantage ses qualités psychologiques ou intellectuelles.



JC Diedrich



Tag(s) : #Seconde

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