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Une exposition sur Hitler et les Allemands au musée historique de Berlin, c'est presqu'une première . Nous avons étudié les mémoires de la Snde GM en France et montré que l'histoire et les mémoires sont délicates et constituent encore des enjeux pour nos sociétés actuelles.


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On comprend que si le passé de Vichy est embarassant en France, celui d'Hitler, de son régine et de ses crimes l'est au moins tout autant pour l'Allemagne. Après le traumatisme de la défaite, la dénazification qui débute en 1948 (avec la poursuite des auteurs des crimes les plus insupportables), les condamnés sont libérés  finalement pour la plupart  à la fin des années 50. La tentation de la société ouest-allemande (RFA) qui connaît son miracle économique est de se considérer comme victime des crimes nazis.

En Allemagne de l'Est, la mémoire de la guerre prend un tout autre visage. Le régime communiste insiste davantage sur la résistance du peuple allemand aux nazis et plus particulièrement des communistes allemands et soviétiques. Les manuels d'histoire n'hésitent pas à rejeter la culpabilité des crimes sur les Allemands de l'ouest. C'était de bonne guerre.....froide !

 

Avec les années 60, la contestation de la jeunesse allemande provoque un nouvel examen de la mémoire de la Snde GM, les travaux des historiens insistent davantage sur l'implication de l'ensemble de la société allemande dans les crimes commis. Willy Brandt lors d'un voyage à Varsovie s'agenouille en signe de repentance devant le mémorial des combattants du ghetto.  Le film Holocauste qui passe en 1978, réveille un peu plus les consciences et les culpabilités collectives.

 

Dans les années 80-90, les travaux du philosophe (Jürgen Habermas) relancent la polémique en tentant de réhabiliter une histoire allemande patriotique. La réponse de l'historien américain, Daniel Goldhagen dans les "Bourreaux volontaires de Hitler" tend à démontrer au contraire que tous les Allemands ont une part de culpabilité dans les crimes perpétrés par les nazis.

EN 1998, l'écrivain Martin Walser relance encore la polémique en critiquant l'omniprésence de la Shoah dans les médias qui risquerait de lasser et de banaliser ce crime. Les polémiques se poursuivent encore quand on apprend que le grand écrivain Gunther Grass ou encore le Pape Benoît XVI ont participé aux Jeunesses hitlériennes. 

 

POur autant, la nouvelle génération qui n'a pas connu la guerre, ni même le mur de Berlin souhaiterait ne pas hériter de cette culpabilité collective. L'Allemagne est devenue la grande puissance européenne, prospère et décomplexée qui assume malgré tout son passé : par l'édification de lieux de mémoire au sein de la nouvelle capitale : le mémorial juif de Peter Eisenman et du musée juif de Libeskind.

Aussi, cette exposition sur Hitler illustre sans conteste le rapport nouveau que l'Allemagne entretient avec son passé. Les polémiques peuvent venir mais la plupart des Allemands sont au clair avec la période la plus sombre de leur histoire.

 

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Reportage du Monde sur l'expo

 

 

Jean-Christophe Diedrich

 

Source : le manuel franco-allemand de Terminale de Peter Geiss et Guillaume le Quintrec

Tag(s) : #Terminales Es et STG

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