Dessin de presse en pleine campagne
Publié le 14 Avril 2012
Tout le monde, le dit, la campagne présidentielle est fade et ne mobilise pas les passions. Ok, c'est vrai....mais c'est la crise, c'est normal....On a du mal à rêver aux lendemains qui chantent !
Pour autant, le lecteur assidu du Canard Enchaîné ou de Charlie Hebdo ou même des autres journaux peut se régaler des dessins de presse qui nous brossent quotidiennement les travers et la surenchère des dix candidats encore en course.
Un petit dessin m'a tapé particulièrement dans l'oeil dans le dernier numéro du Canard..... celui d'Alain Ghertman. Selon moi, il est un double clin d'oeil.
Ce dessin nous montre notre "petit" président accompagné de JF Copé et de JL Borloo....allant manifester à la Concorde (rassemblement prévu ce dimanche 15 avril...pour ceux que cela intéresse). A l'arrière plan, un spectre aux grands sourcils....oui François Fillon et à droite le "conseiller spécial" Henri Guaino (l'auteur du tristement célèbre discours de Dakar).
Ce dessin est tout d'abord un clin d'oeil évident à mai 68. Ce moment où la jeunesse a investi la rue et le pouvoir gaullien a vascillé méchamment. Le 30 mai 1968, De Gaulle qui avait disparu une journée (à Baden Baden) reprend l'initiative et sa garde rapprochée décide d'organiser une grande contre-manifestation pour soutenir le président.
La France gaullienne et conservatrice défile alors pour faire rempart à la "Chienlit". Dans cette belle chaîne humaine un tantinet réactionnaire, on retrouve le fidèle ministre de la Culture, André Malraux. Cette manifestation marque aussi la reprise en main du pouvoir et le début de la fin pour les doux rêveurs, les Soixante-huitards !
Mais comme je le soulignais, ce dessin est aussi un clin d'oeil au peintre belge....James Ensor (1860-1949). Peintre du grotesque, du carnaval et de ces visages masqués. Il présente une humanité terriblement colorée assez horrifiante. Les personnages sont masqués ou maquillés et défilent dans la rue. Les sourires sont factices et les regards inquiétants.....
Merci M Ghertman de ces dessins plein de sens qui nous laissent nous perdre dans des interprétations aptes à nous faire plaisir.
JC Diedrich