Mercredi 6 janvier 2010
3
06
/01
/Jan
/2010
22:28
Je viens de lire la tribune de Bernard Henri-lévy du
Monde qui se propose de défendre la mémoire du philosophe Camus, si injustement accusé, nous dit-il de n'être qu'un philosophe pour classes Terminales ! C'est justement au lycée que
j'ai découvert et apprécié Camus !
La question est de savoir qui, aujourd'hui lit Camus au Lycée ? Je ne vais bien sûr, pas faire le vieux prof grincheux....avec le coup du "Le niveau baisse", "c'était mieux avant !"...
Non, mais la force du temps, la profusion d'informations, de la révolution du numérique et du futile pourrait faire oublier à notre jeune public, cet excellent écrivain, ce grand penseur, cet
homme révolté.
Je me propose ici, non pas de vous présenter Camus, le philosophe, je n'en ai pas les compétences et j'aurai trop peur de dire quelques bêtises, tant, je le rappelle, la lecture de ses oeuvres
remonte à quelques années (pour ne pas dire deux décennies!) mais plutôt un Camus dans son temps.

Camus, c'est d'abord un Algérien français, né à Mondovi en 1913. Issu d'un milieu populaire, il perd son père à la Grande Guerre et sa mère, jeune veuve qui ne sait ni lire, ni écrire
décide de vivre dans un quartier populaire d'Alger. Il est repéré par son instituteur (auquel Camus rendra hommage lors de son discours de remise du prix Nobel à Stockholm) qui lui permettra
d'entrer au lycée. Il réussit de brillante études et ne peut hélas s'inscrire à l'Agrégation de philosophie en 1937 car il est atteint de la Tuberculose, ce qui lui interdit d'entrer dans la
Fonction publique. Il ne reste que deux ans au Parti communiste et commence alors à écrire, des romans, des essais mais il s'intéresse d'abord au théatre.
Pour vivre, il devient journaliste dans un journal intitulé, Alger Républicain journal de gauche qui milite pour une égalité de traitement entre colons et musulmans. Ses reportages sur la
misère en Kabylie et ses positions anticolonialistes lui valent d'être exclu de la presse algérienne. Il doit quitter Alger pour Paris occupé en 1940.
Dès 1942, il entre dans la Résistance et écrit dans le journal clandestin Combat. La même année, il écrit l'Etranger et le mythe de Sisyphe. Il y présente sa
pensée et sa conception de l'absurde. Il travaille désormais pour Gallimard et prend la direction de Combat. En 1944, il se lie d'amitié avec Jean-Paul Sartre. En 1945, il est un des
rares intellectuels à dénoncer l'utilisation des bombes atomiques sur le Japon. Il publie et monte la pièce de théâtre Caligula puis connaît un succès littéraire avec la Peste.
En 1951, sa publication de l'Homme révolté marque la rupture définitive avec Sartre et les existentialistes. Avec le début de la guerre d'Algérie, Camus tente de prendre le parti de la
conciliation, de l'égalité des droits. Mais il semble dépassé, surtout parce que son pacifisme est incompris. II préfère alors ne plus faire de déclarations publiques sur cette
guerre qui occupe pourtant le devant de la scène politique française.
En 1957, il reçoit le prix Nobel de littérature. En janvier 1960, Albert Camus qui revenait à Paris, meurt dans un accident de voiture avec ses amis de toujours, les époux Gallimard. On
découvre sur les lieux du drame, son manuscrit inachevé, Le premier homme édité à titre posthume, il y a peu.
Ici, une interview de Camus sur son prix Nobel, au stade de foot. Camus était amateur de ce sport et avait été, durant ses études, gardien de but.
Ce soir, encore, le service public a joué son rôle, il a diffusé, un très bon téléfilm sur Camus et ses femmes. Merveilleusement interprété par Stéphane Freiss. Cette fiction a pris le parti de
montrer un Camus, complexe et hésitant pas toujours à son avantage. Encore, une fois, je suis donc content de payer ma redevance !
Quant au voeu du président, de faire entrer Camus au Panthéon, les descendants de l'écrivain y sont farouchement opposés, refusant toute récupération politique.....Affaire à suivre
La liste des oeuvres de Camus
Une biographie assez récente:
TODD Olivier, Albert Camus, Une vie, chez Gallimard collection Folio.
REY Pierre-Louis, Camus, l'homme révolté, chez Gallimard collection Découverte.
JC Diedrich
Par Diedrich
-
Publié dans : Revue de presse
0