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Comme un 10 000 mètres, j'ai lu dans une belle foulée, le dernier livre "courir" de Jean Echenoz consacré à l'athlète tchèque le plus célèbre....Zaaaaaaaaaaaaatopek.



Tout d'abord quelques lignes sur le livre pour reprendre ensuite quelques éléments biographiques du grand bonhomme. Jean Echenoz avait déjà été l'auteur d'un roman quelque peu biographique sur le musicien Ravel, il réitère dans un style limpide et simple, ce genre hybride. Ce n'est pas une biographie d'historien, ce n'est pas un roman...c'est entre les deux. L'auteur nous raconte Zatopek, dans un récit court (c'est un peu la marque de fabrique d'Echenoz) ciselé et très agréable. Il nous prend souvent à témoin, pour nous faire suivre d'encore plus près ce coureur hors du commun. Il brosse comme un peintre impressionniste un portrait précis et intime par des traits rapides, évitant les longues descriptions, allant à l'essentiel. Au fil du livre, on a l'impression de toucher ce beau personnage dont le nom fait encore rêver....


(Extrait)
"Au point que son patronyme devient aux yeux du monde l'incarnation de la puissance et de la rapidité, ce nom s'est engagé dans la petite armée des synonymes de la vitesse. ce nom de Zatopek qui n'était rien, qui n'était rien qu'un drôle de nom, se met à claquer universellement en trois syllabes mobiles et mécaniques, valse impitoyable à trois temps, bruit de galop, vrombissement de turbine, cliquetis de bielles ou de soupapes scandé par le k final, précédé par le z initial qui va déjà très vite : on fait zzz et ça va tout de suite vite, comme si cette consonne était un starter. Sans compter que cette machine est lubrifiée par un prénom fluide : la burette d'huile Emile est fournie avec le moteur Zatopek"....



Bien écrit non ? J'adore Echenoz

Vous me direz que tout cela ne nous apprend guère sur le personnage le plus rapide de la Terre des années 50.


Reprenons ici, quelques éléments de sa biographie. Il est né en 1922 en Tchécoslovaquie dans une famille modeste. Rapidement, il doit entrer à l'usine....celle de Bata (les chaussures) à Zlin. La guerre éclate et les Allemands occupent le pays.  Sa carrière de sportif international débute réellement au lendemain de la guerre quand il remporte sa première grande victoire dans un Berlin en ruine et occupé. Entré dans l'armée, il trouve les conditions idéales pour s'entraîner. Sa carrière militaire avancera au rythme de ses victoires. Il accède ainsi rapidement aux grades d'officier quand il remporte sa première médaille d'or au 10 000 m au JO de Londres en 1948.  Très vite, le nouveau régime voit dans cet athlète un moyen de promouvoir le communisme. A la fois protéger et aduler par le peuple,  Zatopek devient pour tous les Tchèques  la "locomotive" qui ne cesse de collectionner les titres et les records du monde du 5000 m, du 10 000 m, du 20 000m, de l'heure etc...
Instrumentalisé par les communistes, il ne peut plus se rendre à tous les rendez-vous internationaux de l'ouest. On lui interdit même de se rendre au célèbre cross de l'Humanité organisé par le PCF.
Les jeux olympiques d'Helsinki marquent sans aucun conteste son apogée, car il obtient pas moins de 3 médailles d'or.... au marathon, au 10 000 m et au 5000 m (voir la vidéo avec son extraordinaire final au sprint comme nul autre ne savait le faire).




Après la mort de Staline (1953), le Parti lui permet de reprendre les compétitions au delà du rideau de fer....Il participe à des courses au Brésil, en France....Il gagne régulièrement tout....écrasant ses adversaires.

Mais à partir de 55, les victoires se font plus rares....aux JO de Melbourne en 56, il ne peut s'aligner qu'au marathon...qu'il termine difficilement à la sixième place.


Après les JO, il se retire de la compétition et devient entraîneur. Lors du Printemps de Prague (1968), poussé par l'enthousiasme de tout un peuple, il prend partie pour la voie des réformes de Dubcek.....Mais avec le retour des Russes et la normalisation, Zatopek est déchu de son grade d'officier et exclu du parti. Il est éloigné de Prague. A 46 ans, il doit désormais travailler dans les mines d'uranium de Jachymov. Quelques années plus tard, on le voit courir derrière une benne à ordure dans la capitale comme éboueur....

Il faudra attendre la révolution de velour (1989), pour que le grand homme d'1 m 72 soit à nouveau célébrer dignement par le pays comme l'homme le plus rapide du monde.....
Zzzzzzzzzzzzzzatopek !!!!



Tout le monde retiendra, ce grand athlète grimaçant à l'allure rapide mais au style peu académique

Bien sûr, Sanseverino...évoque aussi Zatopek dans sa chanson, la Cigarette.




Et  le Chauffeur est dans le pré dont la 8è chanson est consacrée à Zatopek



Tag(s) : #Terminales Es et STG

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