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Nous avons franchi en 2008, la barre des 65 M d'habitants d'après les derniers calculs de l'INSEE.



La France vit un paradoxe depuis quelques années. En effet, longtemps malthusienne, la France connaît le plus fort taux de fécondité de l'UE. En 2008, celui-ci a franchi les 2,02 en 2008, 2 en 2007 contre 1,9 en 2006. Ailleurs en Europe, ce taux  tourne en moyenne autour de 1,4 enfants par femme. Aussi, 801 000 enfants sont nés en France métropolitaine, chiffre jamais égalé depuis près de trente ans.  Ainsi, en 2008, la France a eu un accroissement naturel de plus de 290 000 personnes contre 228 000 en 1999.  Il faut également ajouter le solde migratoire positif de 76 000 personnes (malgré la politique du  Ministère de l'immigration et de l'Identité nationale)
La population augmente donc régulièrement depuis quelques années :  en 2008, la France métropolitaine, les DOM et les COM totalisent  donc plus de 65 M d'habitants.

Voici les différents tableaux statistiques publiés sur le site de l'INSEE


La question que les démographes ont finalement du mal à résoudre est simple :

pourquoi cette vitalité démographique française ?

La réponse est sans doute plus complexe qu'il n'y paraît mais quelques pistes peuvent être présentées :
- La France a une véritable politique familiale qui se traduit par d'importantes dépenses pour aider les familles qui ont des enfants : dans le classement de l'UE, la France arrive 3ème en matière de dépense familiale.
- Une politique fiscale favorable aux familles avec des enfants.

Ces deux premières explications ne sont sans doute pas les plus décisives. Car avant 2000, il existait peu ou prou les mêmes politiques fiscales et familiales sans une fécondité aussi forte.

- La prise en charge systématique des enfants en bas-âge (dès 3 ans, et parfois un peu avant) par l'Education nationale soulage les familles en frais de garde.
- Les femmes qui travaillent aujourd'hui trouvent assez facilement un moyen de garde (crèches, nourrices) pour leur bébé : en tous les cas, le nombre de places en crèche progresse dans les grandes villes.
- Les mentalités ont changé et le fait qu'une femme donne son bébé en nourrice est accepté par une grande majorité sans pour autant culpabiliser la maman. Le congé maternité raccourci de Rachida Dati est finalement l'exemple poussé à son extrême, ce qui a choqué certaines féministes.

Le MLF (Mouvement de libération de la femme) et le MFPF (Mouvement français pour le planning familial) ont joué bien sûr un rôle dans le contrôle des naissances qui devient chez la femme, un événement de la vie qui n'est plus subi mais désormais lr plus souvent choisi. Les femmes organisent et contrôlent davantage la procréation.



En France, les femmes peuvent ainsi de mieux en mieux  concilier vie professionnelle et maternité. Les hommes participent également un peu à cette natalité forte, sans doute parce qu'ils participent davantage à l'éducation et aux tâches ménagères (sans pour autant qu'il y ait parité en la matière, les situations sont d'ailleurs  très variables  selon les familles).


POur conclure, reconnaissons que ces explications n'éclaircissent pas complètement le changement de conjoncture en matière de naissances, qui est intervenu à partir de l'an 2000. Il y a sans doute, un secret "d'alcôve" difficile à percer puisqu'il touche à l'intime des Français.

JC Diedrich



Tag(s) : #Première

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