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A quelques heures d'un grand événement symbolique, nous sommes en droit de nous interroger sur la représentativité de la communauté noire en France.

Bien sûr, le fait d'avoir un président, un ministre ou un député noir ne change pas hélas, automatiquement la condition des personnes de couleur dans un pays. Mais sans conteste, elle permet d'abattre des barrières psychologiques et racistes. Le niveau ultime du progrès en la matière sera de pouvoir dire très naturellement du mal des hommes politiques noirs, et de faire abstraction de la couleur de peau pour les élire. Afin d'élire le meilleur représentant ou à défaut, le moins mauvais.

De mémoire, le premier homme politique noir que j'ai pu voir s'appelle Roger Banbuck secrétaire d'Etat à la jeunesse et au sport du gouvernement Rocard (1988-1991). Il ne s'agissait pas du premier français de couleur à devenir responsable politique. Notons au passage, qu'il faut bien distinguer deux types d'accession à des fonctions politiques : la voie élective et la simple nomination.  En France, pour le moment, ce sont surtout des noirs nommés ou élus dans les DOM TOM qui sont en majorité arrivés en politique. Beaucoup moins nombreux sont les élus noirs métropolitains qui ont remporté une élection grâce au vote de "gaulois" (de Français métropolitains).

En nous inspirant d'un message sur le site des Clionautes de Dominique Chathuant voici une liste non exhaustive de nos grands Obamas nationaux, mais relativement oubliés !

Le premier d'entre-eux est ce tout premier député français de St-Domingue, Jean-Baptiste Belley ( env 1746-1798(?) qui après avoir combattu aux côtés des révolutionnaires a été élu député à la Convention en 1793. Son arrivée à Paris fait alors sensation. Il contribue au vote de la première abolition de l'esclavage en 1794. Il reste député jusqu'en 1797 date à laquelle il retourne à St-Domingue et meurt dans des circonstances que les historiens ont du mal à établir. Avant son départ, il eut le temps de poser pour le peintre Girodet qui le représenta avec derrière lui, le buste de l'Abbé de Raynal, philosophe qui avait publié le célèbre Histoire des deux Indes, oeuvre très anti-coloniale qui combattait également l'esclavage.



















Quant au premier député noir français (mulâtre pour être précis) élu en métropole, il s'agit d'Elie Bloncourt, ancien combattant de la 1ère GM originaire de Guadeloupe. Devenu aveugle, il débute des études de philosophie, devient professeur et milite à la SFIO. Il est élu en 1936 dans la 2e circonscription de l'Aisne.


Enfin, le premier député noir (mais vraiment noir), il s'agit du Guyannais Gaston Monnerville né à Cayenne en 1897, petit-fils d'esclave. Après avoir fait son droit à TOulouse, il devient avocat  à Paris et député de Guyane en 1932 et 1936. Entré en Résistance, il est naturellement réélu aux assemblées constituantes à la Libération. C'est en 1946 qu'il devient l'élu  du Conseil de la République du Lot (par un suffrage indirect): c'est à cette occasion qu'il fut élu pour la première fois en France métropolitaine. Il se soumet directement aux électeurs aux cantonales de 1949 et devient président du Conseil général dès 1951. Sa carrière politique sera longue et ce dernier multipliera les fonctions : maire, membre du conseil constitutionnel entre 1974 et 1983.





Le premier ministre noir est Blaise Diagne (1872-1934), a été d'abord le premier député français noir africain en 1914. Durant la Grande Guerre, il est commissaire de la République chargé du recrutement en Afrique avec le rang de sous-secrétaire d'Etat, poste qu'il retrouve en 1931 dans le gouvernement Laval.




    Ces quelques exemples sont beaux et encourageants mais finalement anecdotiques. En France comme aux Etats-Unis, le personnel politique de couleur est encore sous représenté. Est-il normal que dans l'Assemblée Nationale (version 2007) seulement un député soit de couleur pour la métropole ?
Messieurs les électeurs, les chefs de parti politique....s'il vous plaît, n'en arrivons pas à la discrimination positive qui est dans une certaine mesure le signe de l'échec d'un idéal républicain : l'égalité.

Jean-Christophe Diedrich


Tag(s) : #Revue de presse

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