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    Egoli est le premier nom de Johannesburg. En langage Tswana cela veut dire le lieu de l'or.  C'est en effet, la ruée vers l'or qui est à l'origine de cette ville qui devient véritablement un centre urbain en 1886. Sa croissance est rapide, aujourd'hui, Johannesburg est la première ville d'Afrique du Sud (sans en être la capitale politique : Pretoria). Elle compte 3,8 millions d'habitants pour une population totale de 47,3 M d'habitants.  L'Afrique du Sud a longtemps pratiqué l'Apartheid (cad la ségrégation entre Blancs et Noirs) ce qui l'a mis au ban des nations pendant de longues décennies. La libération du leader noir, Nelson Mandela en 1990 et l'abolition de l'Apartheid l'année suivante permet au pays d'entrer dans la mondialisation. En 1994, Mandela devient le 1er président noir et entame de nombreuses réformes poursuivies par le président Thabo Mbeki (remplacé, le 25 sept 2008 par Kgalema Motlanthe).
Le pays gouverné par une large coalition doit relever un triple défi :
- Transférer 30 % des terres aux populations noires, seulement 3 % l'ont été à ce jour, les Blancs cultivent actuellement 75 % des terres alors qu'ils sont très minoritaires.
- Rééquilibrer les richesses entre les Blancs et les Noirs.
- Soigner les 5-6 M de séropositifs Sud-Africains (soit plus de 10 % de la population)

En 2010, la ville de Johannesburg doit pouvoir jouer sans conteste la fonction de vitrine de l'Afrique du Sud pour faire oublier les difficultés du pays. C'est pour cette raison que la métropole s'est lancée dans une course à la modernisation.



Une ville encore marquée par l'Apartheid

La ville est fondamentalement et profondément marquée par la ségrégation raciale : des quartiers blancs se juxtaposent aux quartiers noirs. Le territoire urbain a longtemps connu des discontinuités matérialisées par des enceintes, des grillages. Depuis le fin de l'Apartheid, la ségrégation n'existe plus en droit mais les faits sont têtus. Le quartier noir d'Alexandra souffre toujours des même maux : fortes densités, habitats de fortune, ségrégation spatiale et pauvreté. La ville post-Apartheid remplace la ségrégation raciale par une ségrégation sociale (ce qui revient à quelques exceptions près à la même chose).

        Carte extraite du site de l'Academie de Reims

Cette vidéo d'un touriste donne un aperçu de la physionomie de ce quartier noir, de ses difficultés multiples. .




Apartheid oblige, la métropole a pendant longtemps vécu sans un véritablement réseau de transport qui a renforcé l'isolement des quartiers noirs. En 2005, Bouygues, la RATP associés au canadien Bombardier ont obtenu la construction d'une ligne d'une liaison ferroviaire (le Gautrain) traversant la métropole (par voie souterraine) pour relier l'autre capitale Pretoria et l'aéroport international de Sandton. La ligne doit être mise en service pour 2010 pour la Coupe du Monde de football.
Les efforts se poursuivent tout azimut dans ce domaine car le retard est immense : voir la carte ci-dessous



Source, Géo Magazine, Webreportage

La rénovation du centre-ville
Depuis 2000, la ville connaît une rénovation accélérée. Des quartiers autrefois abandonnés connaissent une seconde jeunesse du fait de la spéculation foncière. Des anciennes tours sont rénovées, transformées en loft luxueux pour cadres blancs : voir les vidéos du site de la Revue Géo Magazine.  On assiste à une véritable gentrification de ces nouveaux quartiers (abandonnés par les blancs au lendemain de l'Apartheid) comme celui de Braamfontein. Le centre-ville se transforme, des restaurants, des théâtres, des galeries d'art se multiplient
L'exploitation minière ne représente plus l'activité principale de la métropole, la finance, les assurances, le commerce font de ce quartier, le CBD de Johannesburg, intégré complètement à la mondialisation.




La future coupe du monde, une chance pour la ville noire ?


Depuis que l'Afrique du Sud est sortie de son isolement, le sport a sans aucun doute joué un rôle important pour la construction de la cohésion du pays. Pays organisateur  de la coupe du monde de Rugby, la victoire des Springbox en 1995 marque la victoire d'un nouveau pays, celui de la mixité (du moins fantasmée).
L'obtention de l'organisation de la Coupe du monde de football est l'occasion de gros investissements d'infrastructure et de rénovation. POur autant, la fragilité du pays a conduit le comité de la FIFA à être prudent en réfléchissant à un plan B (le Brésil), si le pays n'était pas prêt.



Pour autant, les problèmes de la métropole demeurent :
- la criminalité est très forte tant dans les quartiers noirs que dans les blancs.
- Les contrastes économiques et sociaux entre noirs et blancs sont omniprésents : Le problème de la distribution de l'eau par exemple, illustre aussi les forts contrastes de la société sud-africaine :  dans le quartier noir d'Alexandra, la consommation d'eau par jour et par personne est de 90 litres contre plus de 400 dans le quartier riche et blanc de Sandton.
- L'immigration intense des pays voisins en direction de la métropole maintient une forte spéculation foncière.


Johannesburg est sans aucun doute une métropole mondiale naissante qui fait figure à la fois de meilleur élève du continent africain et donc de centre d'impulsion pour ce continent. Pour autant, les problèmes demeurent, la ville est marquée par des contrastes ethniques et sociaux très forts. Les investissements et les infrastructures ne pourront pas les résorber de sitôt et les tensions entre communautés persisteront à n'en pas douter, bien après la Coupe du monde de 2010.

Pour aller plus loin :
- Lire un article consacré à cette métropole  sur le site de l''IRD Institut de Recherche pour le Développement
- Un excellent article sur le problème de l'eau dans Géoconfluences
- La revue Géo Magazine présente des Webreportages : l'un très intéressant, avec des vidéos, des documents...tout à fait remarquables.
- Le boom de l'immobilier : Infosud Belgique


Jean-Christophe Diedrich
Tag(s) : #Métropoles mondiales

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