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Je vous propose de débuter une série de présentation des principales métropoles mondiales.

Dubaï est sans conteste, parmi les villes du monde musulman, les plus fortement  impliquées, dans la mondialisation. Les reportages, les articles dans la presse se sont multipliés pour décrire cette ville qui a surgi du sable depuis les années 60. Cette ville est une cité Etat de 3885 km² intégrée depuis 1971 à une fédération, les Emirats Arabes Unis.



Une ville d'étrangers
L'Emirat compte 1,2 millions d'habitants pour seulement 195 000 dubaïotes. Comment expliquer qu'il y ait autant d'étrangers à Dubaï. L'histoire de cet émirat donne quelques éléments de réponses. Au 19ème siècle, le port de Dubaï développe le commerce des perles. La population trop rare a recours au commerce d'esclaves afin de répondre à la forte demande. La traite négrière instaure en quelque sorte une tradition. Durant les années 60, la découverte de puits de pétrole permet au pays un développement mono-industriel qui inquiète rapidement les autorités quand elles découvrent que les réserves pétrolifères ne sont pas aussi importantes que dans les Etats voisins.
La ville-Etat décide de s'inscrire résolument dans le système mondial en devenant à la fois une plate-forme financière, un port international et une destination pour un tourisme de luxe.
Pour construire cette ville nouvelle, le pays a recours à une main d'oeuvre étrangère : Celle-ci représentait déjà 36% de la population active en 1968, elle approche aujourd'hui les 90%. Il s'agit à n'en pas douter d'une situation très singulière....Les Dubaïotes sont donc très minoritaires.
Parmi les étrangers (hommes célibataires), on retrouve une grande majorité d'Indiens musulmans (les Keralais), les Pakistanais, des Soudanais. Cet ensemble, le plus souvent musulman sont très isolés et n'ont pas pour vocation à s'intégrer à la communauté nationale : tout au contraire, ils constituent des habitants de seconde zone, dont la durée du séjour est limité et soumis à tout moment à la menace d'une expulsion.
On trouve également de plus en plus d'Européens, d'Américains ou de Sud Africains occupant des postes à responsabilité. Ils bénéficient d'une certaine souplesse de l'Islam qui déroge un peu aux régles strictes pratiquées dans les Etats du Golfe, on autorise par exemplen la consommation d'alcool par exemple dans les hôtels.

Un centre relais du commerce mondial

La ville s'est dotée d'équipements et d'infrastructures qui font d'elle le 3è centre de réexportation de marchandises après Hong-Kong et Singapour.
Dans sa stratégie d'ouverture à la mondialisation, la ville a lancé il y a déjà longtemps un vaste programme d'infrastructures destinées à accueillir des supertankers mais surtout des navires porte-conteneurs grâce à son port en eau profonde situé à 40 km au sud de la ville.
En ville, un autre port, appelé Jebel Ali qui est complété d'un complexe industriel (aluminium, déssalement de l'eau, engrais, pétrochimie etc...) et d'une immense zone franche destinée à l'entreposage et la réexpédition.

Les infrastructures aériennes
sont tout aussi efficaces : pour le moment la ville dispose d'un aéroport international qui accueille 29 M de passagers par an et pourra accueillir le gros A380. D'ailleurs, la Compagnie aérienne de Dubaï est pour le moment le plus gros acheteur (43) de ces appareils.
Un second aéroport près du port est en construction depuis 2005, on prévoit la mise en place d'une plate-forme multimodale reliant le port et la zone franche.

Des zones franches nombreuses et spécialisées ont été mises en place afin d'attirer les investisseurs étrangers, à ce jour, l'ensemble de ces zones dépasse les 120 km² et accueille plus de 5000 entreprises.



(carte extraite du Magnard Tle, édition 2008)

Des projets pharaoniques

Le deuxième volet de la statégie d'ouverture de la ville de Dubaï c'est le développement d'un tourisme plutôt haut de gamme.  Ses clients potentiels sont Européens, asiatiques et Américains ainsi que les riches hommes d'affaires des pays voisins. La destination "dubaï" s'est construite ces dernières années dans les Tours operators sur les thématiques suivantes :  mer, soleil, désert, shopping et hôtellerie luxueuse et moderne.
Cela a marché si on regarde les chiffres : 600 000 touristes en 1990, 5,3 M en 2004, 6 M en 2006  et l'objectif affiché est de dépasser les 15 M d'ici 2010 (dépassant le leader Arabe, l'Egypte avec 8 M de touristes).

Pour attirer de nouveaux clients, il faut que Dubaï se transforme en une ville de la démesure : déjà 383 hôtels ont été construits et d'ici trois ans, il y en aura le double.

La démesure architecturale est finalement le meilleur produit d'appel : 70 milliards de dollars sont actuellement investis pour ces projets immobiliers : Des îles artificielles en construction, 3 en forme de palmier, une a la forme d'un planisphère, une tour  (Burj Dubaï) de 800 m doit être d'ici peu achevée, un circuit de formule 1 et des centaines d'autres gratte-ciel...




































Une vidéo promotionnelle de The World, cliquez également sur les liens de sources, vous trouverez d'autres projets.



Dubaï est donc une ville qui sans aucun conteste profite de la mondialisation, elle se construit grâce à la spéculation foncière qui en a fait un espace attractif pourtant en plein désert. L'urbanisme post-moderne effraie et fascine les Européens que nous sommes.

JC Diedrich

Sources :
L'article le plus complet du Net se trouve sur le site de géoconfluence que l'on doit à S Tabarly.
Un beau diaporama des projets architecturaux  sur le site de l'Internaute

Tag(s) : #Métropoles mondiales

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