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L'utopie communautaire est sans aucun doute l'expression  de la contre-culture qui a  vu le jour au milieu des années 60 d'abord aux Etats-Unis.  Quelle est cette utopie ?  Quel est le lien avec mai 68 en France ?
Pourquoi celle-ci fut finalement vouée à l'échec ?



La notion de communauté renvoie à de nombreuses expériences passeés : la communauté paysanne, la communauté religieuse ou encore au communisme avec l'idée d'un partage égal des biens. L'homme a depuis longtemps élaborer des vies en communautés d'essence et de philoophie très différentes : le familistère de Fourier ou les Kibboutz en Israël.

Dès 1965, une série d'expériences communautaires atypiques prennent vie d'abord aux EU puis partout dans le monde occidental. Le quartier de prédilection de ces communautés se trouve à San Francisco à Haight Hasbury.


                         Le Nouveau-Mexique ( EU), 1969, extrait de Courrier International, janvier 2008.



Quelles sont les motivations de ces individus qui décident de se réfugier dans ces communautés ?
La première motivation est le rejet de la société de consommation (le métro, boulot, dodo) et la volonté de mettre en pratique l'idée d'un retour à la terre (souvent en accord avec les premières convictions écologiques), la seconde est de remettre en cause le carcan des traditions familiales (refus du conditionnement social) , la troisième est de mettre en place une société fondée non plus sur le profit mais sur le partage.
Militantisme, contre-culture, écologie sont donc le plus souvent les ressorts de ces expériences communautaires. Les hippies et le mouvement digger (en référence aux gueux qui, sous Cromwell cultivaient les terrains communaux pour ne pas mourrir de faim) sont la plupart du temps ceux qui décident de se rassembler en communauté.

La mode des communautés s'impose en France réellement après l'épisode de mai 68. Face à l'échec politique de la révolte étudiante, les jeunes tentent d'appliquer immédiatement dans leur quotidien, les principes libertaires et la contre-culture. Les communautés se multiplient donc après le printemps 68 et suscitent immédiatement l'inquiétude et la suspicion des autorités qui les surveille. Un rapport de 1973 montre que leur nombre atteint des reccords ! plus de 300 communautés stables sur le territoire (plus dans les zones rurales, Massif central, Cévennes, Larzac etc...) Un fichier est établi, la gendarmerie établit à cet égard, une surveillance parfois tâtillonnne.


Malgré quelques réussites passagères, les communautés connurent deux dérives qui les amenèrent inéxorablement vers leur disparition au début des années 80:
Soit, la communauté se fondit progressivement dans les populations néo-rurales en continuant à défendre des valeurs écologistes, soit au contraire, la communauté bascula dans un enfermement sectaire.

Marcel Bolle de Bal, sociologue belge explique l'échec de cette utopie communautaire : "bâtie sur le mythe égalitaire de l'autogestion, de la diffusion complète du pouvoir, de la négation des rapports de domination. Le mythe n' a pu résister au choc de la réalité".
Le film de François Leterrier datant de 1981 intitulé Les babas-cool dissèque avec une certaine justesse le fonctionnement des communautés, les mesquineries, les faux-semblants de la libération sexuelle et du militantisme post-soixantehuitard. C'est une belle comédie acide comme la troupe du Splendide a su en faire.



                         La communauté fait du théâtre militant.... dans les babas-cool, le film (1981)



La vente de la production de la communauté, miel, fromage de chèvre et pull en laine... Vous aurez saisi le sens du détail du décorateur du film avec l'autocollant anti-nucléaire sur la camionnnette. 
             

bibliographie :
QUERO Laurent, L'utopie communautaire in ARTIERES P. et ZANCARINI-FOURNEL M. Une histoire collective 1962-1981, La Découverte, PAris, 2008, pp 528-532.
CHANCEL Jules, Communautés, in WARESQUIEL E., Le siècle rebelle, dictionaire de la contestation au XXe siècle, Larousse, 2004.



Jean-christophe Diedrich


Tag(s) : #Mai 68

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