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Les Cahiers pédagogiques publient en version électronique un dossier spécial sur mai 68 et l'école...

Une partie de la publication est en fait une réédition des articles des années 60-70 de la dite revue.



Le sommaire se subdivise de la façon suivante
1- Les problèmes de l'école de 1968 vus par les Cahiers
    L'école et la politique
    La démocratisation de l'école
    L'autorité sans simplisme
    La vieille question de l'évaluation
    L'enseignement du Français
    Quelques regards décalés

2- 68 et la pédagogie nouvelle

3- Quelques regards historiques sur mai 68 et l'école

4- Comment enseigner Mai 68 ?

5- Ils ont vécu mai 68 à leur manière....


L'ensemble constitue un dossier assez dense de 216 p.
Vous trouverez des articles de Philippe Meirieu, Antoine Prost et Pierre Bourdieu....

J'ai également rédigé un article intitulé Redécouvrir l'héritage de mai 68

Voici quelques extraits de mon article :
« Il est interdit d'interdire », « Sous les pavés la plage », « Jouissez sans entrave », voici quelques slogans scandés dans la rue ou inscrits sur les murs de Paris tout particulièrement durant le printemps 1968. Pour les Français de plus de 45 ans ces mots résonnent d'une façon bien particulière car même lorsqu'ils n'en ont pas été les témoins privilégiés, ils ont vécu assez directement les conséquences de cette « révolution » qui poussa encore un peu plus loin les libertés individuelles.
Mais en ce qui concerne les lycéens, la mémoire ne peut rien, il n'est pas question d'amnésie puisqu'eux-mêmes n'étaient pas nés et leurs parents, souvent trop jeunes pour y avoir joué un rôle réel. A en croire le petit sondage que j'ai effectué par écrit auprès de mes élèves de 1ère ES avant que les médias nous inondent d'informations, il ressort une méconnaissance de l'événement. A la question, « expliquez ce qu'a été Mai 68 », les élèves répondent, au mieux, « une révolution qui a mis en scène la jeunesse ».
Les réponses deviennent beaucoup plus évasives quand il s'agit de préciser quels sont les acteurs et les idées défendues par les manifestants. Le mouvement ouvrier est la plupart du temps oublié ainsi que la référence aux accords de Grenelle (qui est pourtant revenue sur le devant de l'actualité en octobre dernier, lors du Grenelle de l'environnement). Quant à la question de l'héritage, les lycéens interrogés ne sont pas plus loquaces : certains évoquent les avancées dans le domaine des libertés et plus particulièrement celles concernant la sexualité.
Le flou et l'approximation résument finalement assez bien la vision de mes lycéens sur le sujet, mais sont-ils vraiment une exception ? Les Français interrogés ne se contenteraient-ils pas de quelques phrases toutes faites, de slogans ?
Pour les lycéens, le seul qui aurait résisté au temps est « Sous les pavés la plage. » Signe que tout espoir et toute utopie ne sont pas à écarter définitivement !

(...)
Mai 68 est détestée depuis longtemps, les écrits à charge se sont multipliés entretenant, en réaction une défense tout aussi partisane et fantasmée de Mai 68. Enseigner 68, c'est naviguer de charybde en Scylla entre ces deux héritages mémoriels.

Mai 68 fantasmé
L'autre mémoire acquise à l'héritage de Mai 68 ou à ses symboles, ne facilite pas non plus, la tâche de l'enseignant. Critiquer l'objet historique, c'est faire figure de néoconservateur, de défroqué voire de traitre. Ainsi quand Laurent Joffrin écrit « Les aphorismes ne sont pas dialectiques mais poétiques » dans une tribune de Libération, il défend en bon polémiste l'héritage d'un Mai 68 fantasmé et symbolique. La polémique est ainsi entretenue par les gardiens du temple, les témoins et les « héritiers impossibles », c'est-à-dire la génération suivante qui s'est nourrie d'images, de discours et d'une sorte d'esthétique de la révolte de la jeunesse.

(...)

Écrire l'histoire de Mai 68
Mai 68 est donc victime de son succès éditorial et de son succès en tant que matrice interprétative de notre temps et de notre société. Il faudrait pourtant pouvoir sortir de cette mémoire en otage, des excès des témoins et de leurs ayant droits. Longtemps les historiens qui ont écrit sur Mai 68 ont en effet été les acteurs même de cette histoire qu'ils tentaient d'écrire. Notre propos n'est pas de retracer l'historiographie complète de l'événement en question.
(...)

Jean-Christophe Diedrich






Tag(s) : #Mai 68

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