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C'est terminé, la 1ère GM a perdu en France son dernier témoin.

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Lazare Ponticelli est né en Italie en 1897 et a suivi sa mère au début du XXe siècle en France. Cet immigré italien symbolise le patriotisme français, car il a participé aux 2 GM , comme Poilu lors de la Première, comme Résistant lors de la Seconde.
Après avoir longtemps refusé l'idée, il a accepté, il y a peu, des obsèques nationales pour rendre hommage aux 8,5 millions de jeunes Français qui ont  participé à cette guerre et dont 1,4 millions ne sont jamais revenus.

Je vous propose d'écouter 1 reportage en 4 volets de  2-3 minutes sur le témoignage de Lazare Ponticelli en cliquant sur le lien ci-dessous.


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www.libelabo.fr/2008/03/12/lazare-ponticelli-le-dernier-poilu/

Vous trouverez un entretien sur le site suivant : pagesperso-orange.fr/memoire78/pages/ponti.html

Interrogeons-nous, encore sur le rôle que peut jouer la mémoire d'une guerre finalement si éloignée. Les obsèques nationales de ce dernier Poilu vont être l'occasion de distiller des messages : patriotisme, valeurs républicaines, pacifisme ? Rappelons que cette guerre qui a fait des millions de morts a été une guerre qui a bien illustré ce qu'est le nationalisme.
Rappelons enfin que les historiens ont  beaucoup renouveler les problématiques autour de la Grande Guerre : comment ont-ils supporter cette guerre ?
Deux écoles s'opposent, l'école de la contrainte défendue par des historiens tels que Rémy Cazals et Frédéric Rousseau...qui expliquent que la contrainte a été forte en s'appuyant sur les témoignages, les carnets intimes etc..
La seconde défendue par Audouin-Rouzeau et Annette Becker est l'école du consentement : ce consentement a été possible par le développement d'une forte culture de guerre et de l'exacerbation du nationalisme.

Pour revenir à Lazare POnticelli, j'ai le sentiment que les travaux des historiens, les productions littéraires et cinématographiques de ces quinze dernières années ont  quelque peu  modifié son discours. Dans ces témoignages, il décrit la forte contrainte mais également les scènes de fraternisation. Ce n'est pas vraiment le discours des Poilus que j'avais entendu durant mon enfance. Ces derniers me parlaient des durs combats mais aussi de la victoire sur les boches et de la férocité de ces derniers.
Aujourd'hui, il y a une véritable convergence entre l'histoire "officielle" de la 1ère GM qui n'est plus la valorisation d'un patriotisme sans faille et les derniers témoignages des Poilus..
Nous ne pouvons que nous féliciter des nouvelles approches historiques de la Grande Guerre dans nos programmes qui sont  plus en rapport avec une certaine réalité historique.


Jean-Christophe Diedrich



Tag(s) : #Première

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