Comme le souligne, Frédéric Landy  dans le dernier numéro de la Documentation photographique consacré à l'Inde, si  les  dragons et les tigres de l'Asie Orientale se sont industrialisés rapidement, l'Inde (qu'on compare à l'éléphant) a longtemps connu des lenteurs, des lourdeurs. Aujourdhui, il semblerait que "l'éléphant soit au trot". 
L'éléphant pratique cependant le grand écart (quelle souplesse) entre la  pauvreté extrême et l'émergence d'une nouvelle classe moyenne. Celle-ci a vu le jour grâce à  l'ouverture  récente de l'économie indienne à la mondialisation.

Ainsi, de nouvelles grandes FMN indiennes ont vu le jour ces dernières années.... On se souvient de la constitution d'un géant de la sidérurgie, Mittal Steel qui avait réussi son OPA sur Arcelor en  2006.
Des articles intéressants sur la fusion dans les Echos
www.lesechos.fr/info/industrie/200070891.htm

Tata est aussi un géant indien  de la sidérurgie mais plus diversifié, une sorte de conglomérat qui organise sa stratégie mondiale autour de 3 activités : la sidérurgie, la construction automobile et  l'informatique (avec d'importants centres de recherche). 13958a-l-indien-tata-toujours-pret-a-racheter-jaguar-et-land-rover.jpg

L'entreprise Tata Steel (ou appelée aussi TISCO) a vu le jour en 1907. Son fondateur Jamshedji Tata avait fait fortune dans le textile.  En 2007, Tata  poursuit sa croissance puisqu'elle a  racheté pour son centenaire, l'entreprise néerlandaise Corus (4 fois plus importante).   Les bénéfices de cette branche ont été multiplié par 6 durant le 1er semestre 2007 (soit plus d'1 milliards d'euros).

C'est la branche automobile, Tata motors qui fait ces derniers temps, la plus parler d'elle.
En effet, l'entreprise  sort de façon tonitruante, une nouvelle automobile à bas prix, destinée d'abord au marché indien.  Au salon de New dehli, la jeune marque propose pour 1700 euros une automobile appelée Nano.  C'est un bi-cylindre de 663 cm3   (proche de  la 2 CV), petit moteur qui se retrouve à l'arrière dans le coffre. Mais surtout, c'est un voiture qui  a  cinq portes destinées à la  nouvelle classe moyenne indienne qui bénéficie de la manne de la croissance.  Bien sûr, il n'y a pas de direction assistée ni  de climatisation. 
Nano.jpg


La voiture est d'abord destinée aux marchés émergeants mais l'entreprise n'écarte pas l'idée de conquérir les marchés des pays du Nord.  La progression du nombre des nouveaux pauvres et la pression sur les salaires des catégories les moins favorisées ont été à l'origine du succès de la Logan (de Renault Dacia) en Europe. Alors pourquoi pas une voiture du peuple... à 1700 euros ? Volkswagen avec son projet UP fait également la même analyse.... 
Le seul problème reste les répercussions sur l'environnement, 6,5 milliards d'hommes et  autant de voitures...cela  n'est pas un projet de développement durable !!!

Mais revenons à Tata motors, l'entreprise conquérante est prête à racheter à Ford, les deux marques prestigieuses anglaises, Jaguar et Rover pour quelques 2 milliards de dollars. Ah, il est loin l'empire britannique...Aujourd'hui, c'est l'Inde qui rachète les entreprises anglaises !!! C'est ça aussi la mondialisation.

Jean-Christophe Diedrich


Lien : un article sur la Nano sur le site  rue89, journal en ligne d'anciens de Libération
rue89.com/2008/01/16/le-dilemme-de-la-tata-nano-sortir-de-la-pauvrete-ou-etre-ecolo

Tag(s) : #Terminales Es et STG
Partager cette page Facebook Twitter Google+ Pinterest
Suivre ce blog