Depuis mardi dernier, une série de 6 reportages (réalisée par Daniel Costelle et Isabelle Clarke) sur la Snde GM a débuté sur France 2. Son originalité première, c'est qu'il s'agit d'images
d'archives de premier ordre mais colorisées.
René-Jean Bouyer avait de son côté, réalisé entre 2000 et 2005, 4 reportages de 90 minutes sur cette même guerre en
utilisant cette fois des films d'archives en couleur des Américains (procédé Kodachrome de 1935) et des Allemands (procédé Agfacolor 1936). Bien sûr, nous avons également en tête, le
reportage (cette fois-ci en noir et blanc) qui a fait date, De Nuremberg à Nuremberg de Frédéric Rossif datant de 1989.
La réserve qu'un historien peut émettre sur ce documentaire d'images colorisées est cette volonté de transformer la
source pour en faire un film qui rapproche artificiellement l'événement de notre époque, le rendant plus attrayant. Les images sont donc volontairement dénaturées pour plaire à un plus
large public.Est-ce vraiment utile ? Le sujet n'est-il pas suffisamment fort pour susciter l'intérêt.
Le succès de Nuremberg à Nuremberg le prouverait.
Mais il faut le reconnaître, la colorisation a été soignée...parfois partielle : on a par exemple, colorisé Hitler
mais par l'arrière. Ce qui permet de rappeler l'opération de colorisation. Et on a évité....les reconstitutions ou pire des scènes jouées par des comédiens à la façon de certaines
productions de la BBC. Je déteste et trouve cela vraiment gênant de mélanger images d'archives et fiction.
Par ailleurs, le narrateur du film nous éclaire par moment sur l'origine de l'image....nous expliquant qu'il s'agit
d'images produites par la propagande d'une armée ou de l'autre (c'est bien, mais en fait presque toutes, le sont !)
POur finir, je vous conseille malgré tout, de suivre les 4 prochains épisodes globalement de qualité, bien écrits et bien montés qui ont le mérite d'être suffisamment didactiques pour un
large public.
Voilà donc, ce qu'est le service public de France Télévision, c'est pas mal.....de payer sa redevance pour cela, non ?
Les travaux avancent bien ...non ? Je vous inviteà suivre la vidéo hebdomadaire de la
construction...vidéo accélérée des photos prises par la Webcam....c'est amusant et finalement....
beau.
Le toit est terminé, l'habillage de l'entrée a débuté....C'est en bonne voie !
Cette architecture audacieuse qui s'élève dans le quartier de la Gare à Metz est le fruit de l'imagination de Shigeru Ban.Mais qui est Shigeru Ban ?
Nous allons aborder en cours l'entreprise Renault comme symbole de la Seconde Révolution Industrielle. Cette
entreprise qui a fêté son centenaire en 1998 doit beaucoup à son fondateur, Louis Renault. Comment Louis Renault a transformé son petit atelier en une entreprise symbole de modernité et de savoir-faire à la
française ?
(Regarder surtout à partir de la 50è seconde)
Louis Renault est né en 1877 dans une famille bourgeoise parisienne. D'un tempéremment solitaire, il s'enferme dans une remise au fond de la
propriété familiale et développe son inventivité dans le domaine de la mécanique.
BAchelier, il ne poursuit pas ses études et se consacre entièrement à sa nouvelle passion. En 1898, il construit
son premier véhicule à partir d'un tricycle. Selon la légende, remportant le pari de monter la rue Lepic avec son nouveau bolide, il obtient ses premières commandes, le 24 décembre 1898.
L'année suivante, deux de ses frères s'associent pour fonder une société qui produira ces voiturettes. Cette même année, Louis et Marcel remportent leur première course automobile, ce qui
assure à la marque, un certain succès.
En 1903, la disparition de son frère Marcel dans une course automobile oblige Louis à abandonner les courses pour
se consacrer au développement de l'entreprise Renault Frères. En 1905, Renault obtient le marché des taxis parisiens, 250 véhicules à produire.
En 1909, Ferdinand Renault, malade quitte l'entreprise, Louis Renault à 32 ans est désormais seul, à la tête d'une
société industrielle florissante et prometteuse. Ses inventions et ses audaces vont permettre à la
marque de passer d'une petite entreprise à l'une des plus importantes de France au cours des deux décennies suivantes.
Durant la 1ère GM, Renault joue un rôle central dans la bataille technologique, outre le fameux épisode des taxis
(Renault) de la Marne qui sauve l'armée française de la défaite au début de la guerre. L'entreprise va fournir des milliers de moteurs d'avion durant le conflit. En 1917, Louis Renault est
aussi à l'origine du 1er char qui sera décisif dans les dernières offensives de l'automne 1918. Ce qui lui vaudra d'obtenir la Légion d'Honneur.
En 1922, après un séjour aux EU (en 1912 et une rencontre avec Henry ford), Renault met en place dans son usine sur l'îe Seguin à Boulogne Billancourt, la
1ère chaîne de montage moderne.
Renault et Citroën deviennent durant les années 30, deux grandes entreprises automobiles modernes et néanmoins rivales. La faillite de Citroën en 1935
propulse Renault en leader incontesté de l'automobile hexagonale.
La 2nde GM allait changer la donne chez Renault. En 1940, le gouvernement français envoie Louis Renault aux EU afin qu'il achète des chars mais quand il rentre en France, celle-ci est occupée et les Allemands
sont bien décidés à exploiter le fleuron de l'automobile française. Pendant 4 ans Renault produit des automobiles, des camions pour la Wehrmacht. Toute la question est de savoir si Renault a été un collaborateur zelé ou au contraire un industriel contraint à l'effort de guerre. IL semblerait ( à la lecture
de nombreux articles sur le Net) que Renault et ses collaborateurs n'ont pas hésité à parfois, saboter quelques éléments de la production destinée aux Allemands.
Toujours est-il qu'en 1944, Renault vieilli et malade fut accusé de collaboration, il fut emprisonné puis interné dans un hôpital psychiatrique où il mourrut le
24 octobre 1944. Ses biens furent confisqués et son entreprise nationalisée (devenant la Régie Renault). En 1967, son héritier reçut une indemnité pour les biens non industriels confisqués par l'Etat après la guerre.
Il y a 70 ans, la France et le Royaume-Uni déclaraient la guerre à l'Allemagne. Vingt ans après la 1ère GM, Français
et Anglais entraient dans ce conflit avec une certaine résignation. A écouter Daladier ou Chamberlain, le ton n'a rien à voir avec les éructations du petit caporal allemand
(Hitler).
Bien sûr, vous connaissez tous, les différences entorses au traité de Versailles, qu'Hitler a commises depuis son
arrivée au pouvoir en 1933. Qui est l'homme qui a déclaré la guerre à Hitler ?
Extrait d'un journal canadien, à l'occasion des 50 ans du début de la 2nde GM, des images d'archives reprennent le
cours des événements.
Daladier, le taureau du Vaucluse
Fils d'un boulanger, Edouard Daladier est reçu premier à l'agrégation d'histoire, il débute sa carrière au parti
radical- radical socialiste en devenant maire de sa ville natale, Carpentras. En 1914, il combat sur le front avec le grade de lieutenant. La guerre, comme pour beaucoup de Français, marque
profondément l'homme politique. Devenu député du Vaucluse, il prend également la tête du parti radical. A partir, 1924, il occupe différents postes ministériels, Ministre des colonies, de
l'instruction et devient Président du Conseil (1er ministre) en 1933. Il participe enfin à l'aventure du Front Populaire en devenant Ministre de la Défense. Mais très vite, Edouard critique la
politique économique et sociale du Front et succède finalement à Léon Blum.
Daladier, des accords de Munich au 3 septembre 39
Entre 1938 et 1940, Daladier dirige la France dans des moments dramatiques. Les aspirations territoriales d'Hitler
sur la Tchécoslovaquie vont être l'occasion pour lui, de tester la détermination de la France et du Royaume-Uni. Le 29 septembre 1938, Hitler, Mussolini, CHamberlain et Daladier se rencontrent
pour décider du sort de la Tchécoslovaquie. La France et le RU avaient signé à Locarno en 1926, un traité d'assistance avec ce pays, né du traité de Versailles. D'abord fortement opposé à tout
compromis avec Hitler, Daladier se laisse convaincre par Chamberlain et signe les accords de Munich. La légende raconte qu'Edouard avait peur de se faire huer en arrivant en France, il s'est
fait, au contraire acclamer.... Il aurait alors lâché : "Ah les cons, si ils savaient" !
Accords de Munich, Daladier serrant la main à Mussolini
Daladier déclare la guerre
Daladier et beaucoup d'autres ont compris que la France ne devait plus reculer devant Hitler. L'attitude du
gouvernement Daladier face aux revendications allemandes ou italiennes sera désormais intransigeante. Lorsque le 23 août 1939, Staline signe avec Hitler le pacte de non-agression
germano-soviétique, le Parti communiste français est interdit en France.... La France ne peut plus espérer signer une alliance de revers comme en 1914 et devra affronter l'Allemagne sur un
front.
La France gonfle torse et tente grâce à sa ligne Maginot ou ses colonies de faire bonne figure comme le montre une
visite officielle de Daladier en janvier 1939 en Algérie et en Tunisie. Dans un discours Daladier évoque "La puissance de la France invincible"
Le 1er septembre 1939, l'Allemagne envahit la Pologne. La France et le Royaume-Uni lancent un ultimatum à Hitler qui
ne croit pas que cette fois-ci les franco-britanniques sont déterminés à ne plus reculer. Le 3 septembre 1939, les deux pays déclarent la guerre contre l'Allemagne belliqueuse.
Ce derniers discours est enregistré quelques jours après .... Daladier souligne encore l'attachement de la France à
la paix, comme un ancien soldat de la Grande Guerre mais il est contraint à la guerre.
En mars 1940, en pleine Drôle de Guerre, le gouvernement Daladier est renversé. En juin 1940, Daladier
quitte la France pour le Maroc. Le Régime de Vichy, poursuivra l'ancien président du Conseil pour trahison. Il est incarcéré jusqu'en 1943 puis mis en résidence surveillé jusqu'à la chute du
régime.
Sa carrière politique se poursuivra après la guerre jusqu' à l'arrivée (à laquelle, il s'oppose) de De Gaulle au
pouvoir, en 1958. Il meurt en 1970, à l'âge de 86 ans. Daladier incarne l'une des dernières grandes figures de la France radicale de la IIIe république qui accompagne la
France dans la défaite de 1940.
Une nouvelle année débute demain ou après-demain.
Chers élèves, j'espère que vous trouverez dans ce blog les réponses à quelques unes de vos questions. De nombreux articles et documents sont déjà à votre disposition dans les archives. N'hésitez
pas à utiliser l'instrument de recherche pour les retrouver.
Je tenterai encore cette année, de faire de ce blog une interface attractive et utile, une sorte de complément du cours. N'hésitez pas à laisser des commentaires et à poser des questions. C'est
fait pour !
Solennellement, je déclare l'année scolaire ouverte !!! Séchez vos larmes....et enlevez les grains de sable entre vos orteils.....
La sortie sur les écrans du documentaire, Apollo 11 fleure bon la commémoration à l'occasion des 40 ans
de la mission.
Cet événement est sans conteste le point d'orgue de la courte histoire de la conquête spatiale. Inégalé par son
impact médiatique, l'intérêt pour l'espace et les vols habités semblent moins évidents.
Un pari politique dans un contexte de guerre froide Le programme Apollo débute en 1961, il est une réponse de Kennedy au succès soviétique du premier homme dans
l'espace (Youri Gagarine). Dans un discours célèbre (25 mai 1961), le jeune président américain promet qu'avant la fin de la décennie 1960, un Américain marchera sur la lune. Ce discours conforte
l'effort considérable que les Américains souhaitent consentir pour égaler et dépasser les Soviétiques dans la course à la conquête spatiale. En effet, les programmes Vanguard (envoi d'un
satellite dans l'espace) et Mercury (vol habité dans l'espace) sont à la traîne par rapport aux Soviétiques. L'effort budgétaire accordé pour le programme Apollo est en effet, tout à fait
considérable plus de 25 milliards de dollars sur 13 années (voir le détail sur ce site très documenté)
En quoi consiste la mission Apollo 11 ? Apollon 11 est seulement la 5è missionaméricainehabitée . Elle prévoit l'alunissage d'un engin sur la
lune. La mission débute le 16 juillet 1969 à Cap Canaveral (Floride) avec le décollage de la fusée Saturn. Le voyage de la capsule jusqu'à la lune durera plus de 75 heures pour parcourir
plus de 380 000 km. La vitesse de la capsule dépassera les 4100 km/h. Dans l'orbite de la lune, la capsule se divisa : l'une appelée Columbia reste en orbite avec l'astronaute Mike Collins,
l'autre (Eagle) occupée par Neil Armstrong et Buzz Aldrin doit alunir. Le 20 juillet 1969 à 22h56 (heure de Houston), Neil Armstrong pose le pied sur la lune, il est rejoint par Aldrin.
Ils effectuent une sortie de 2 h30 et récupèrent plus de 21 kg de roches lunaires.
Le retentissement médiatique et une propagande bien orchestrée.
" That's one small step for a man but one giant leap for mankind" " C'est un petit pas pour un homme mais un bond de géant pour l'humanité" La phrase a sans doute été préparée par les équipes de la Nasa. L'événement a par ailleurs été largement médiatisé.
On remarquera l'omniprésence des caméras et des appareils photos durant la mission. Celle-ci ne pouvait exister que si elle avait une couverture médiatique. Les images sont d'ailleurs retransmises partout dans le monde. On estime qu'il y a eu près de 500 M de personnes qui
ont suivi l'événement. Pour la première fois, la télévision joue son rôle de premier média de masse désormais devant la radio.
Le président Richard Nixon félicite en direct les astronautes....et organise une conférence avec les astronautes
après leur retour sur terre. Là encore la stratégie médiatique est bien présente....Nixon en difficulté veut en effet, retirer le maximum de cet événement alors qu'il est en difficulté avec le
dossier épineux du Vietnam.
Une mission sans lendemain ?
La mission Apollo 11 n'est pas la dernière, cinq autres missions vont explorer encore la lune (exceptée la mission
Apollo 13 qui doit revenir d'urgence sur la terre : voir le film de Ron Howard). La dernière mission américaine Apollo 17 aura lieu en novembre 1972. Les missions suivantes 18-19 et 20 sont purement annulées....l'intérêt scientifique et géostratégique devenant
moins évident et les restrictions budgétaires ont eu raison de ces dernières missions. En effet, les échecs soviétiques de l'envoi d'un vol habité sur la lune rendaient le programme Apollo
moins prioritaire.
Une dernière mission rebaptisée Apollo 18 a lieu en 1975, signe des temps et de la Détente Est-Ouest, elle prévoit
la rencontre dans l'espace d'une capsule américaine et soviétique, le 17 juillet 1975.
Le cru 2009 est un cru très classique, sans surprise apparente. Les élèves ont pu tester la qualité des sujets de
secours ainsi qu'une étude documentaire sur la mondialisation. Après deux années d'histoire en majeur, la logique a été respectée, nous avons eu géo en majeur.
Pour consulter les sujets en format PDF cliquer ici
Le sujet 1 : l'Asie orientale une aire de puissance en expansion.
L'intitulé nous invite à montrer que l'Asie orientale est une aire de puissance qui connaît une expansion : celle-ci
est d'abord et surtout une expansion économique mais on pourra sans doute également évoquer d'autres aspects : culturel, démographique ou politique.
Il est nécessaire de définir l'Asie orientale, d'en donner ses limites géographiques comme nous l'avons fait dans le
cours car ces limites sont assez arbitraires (la Malaisie par ex est exclue de notre étude alors que Singapour, non.)
Le sujet nous invite donc à aborder trois parties : les aspects de l'expansion : forte croissance économique et les progrès liés au développement, la structuration de l'espace par
des flux intenses et une littoralisation importante, le rôle moteur du Japon, les 4 dragons et l'ouverture de la Chine littorale.
La 2ème partie devant traiter des facteurs, des causes de cette expansion
une stratégie économique régionale (vol de l'oie sauvage : rôle moteur du Japon), un modèle économique extraverti (rôle des investissements étrangers),association d'une main d'oeuvre hautement qualifiée (sans grande tradition syndicale), des valeurs asiatiques, une classe d'entrepreneurs solide associée le plus souvent à
l'Etat. Un marché intérieur s'appuyant sur une population dense qui s'enrichit.
La 3ème partie devra évoquer surtout les limites de cette expansion.
-La remise en question du modèle économique par l'éclatement des bulles spéculatives, les crises à répétition au Japon et la crise actuelle.
l'absence de véritable intégration régionale et monétaire
l'existence de tensions politiques endémiques : Japon/Chine Chine/Taîwan Corée du N et du Sud etc....
Problèmes environnementaux :saturation des espaces, pollutions industrielles en Chine
En conclusion : on pouvait évoquer la crise actuelle ou alors comparer cette aire de puissance avec les autres aires du programme en insistant sur le côté éclaté,
discontinu de cet espace et les difficultés à le rendre cohérent du fait de la rivalité Sino-japonaise pour dominer la région.
Bref, un sujet assez facile, à condition d'avoir des connaissances solides. Le plan de la composition ressemblait beaucoup à celui de mon cours. Cependant, il fallait coller au sujet en traitant
l'aspect "expansion" de l'aire de puissance....
POur finir une dernière remarque : vous pouviez utiliser les cartes (Asie et Chine) du sujet d'étude pour vous aider à faire un croquis ou à vous repérer ! Je pense que vous l'aviez remarqué
!
Sujet 2
L'organisation du territoire des EU
Sujet, classique, voire hyper-classique. VOus trouverez facilement des corrections dans vos manuels qui traitent généralement la question.
Sujet 3
L'espace mondial une inégale intégration dans la mondialisation
C'est le sujet que tout le monde a pris comme d'habitude.Les questions ne comportent pas de piège. La synthèse permettait toute une série de plans
possibles : la seule obligation traiter de cette inégale intégration : les documents vous conduisez à aborder cette inégalité par zone géographique.
Le site de Webpedagogie : qui propose des cours et surtout des quizz ..... Voici une idée pour réviser tranquillement et surtout vérifier ses
connaissances.
Vous pourrez également aller voir les excellents blogs de mes collègues. Les articles sont regroupés par chapitre du programme .....tout pour vous faciliter la vie.....
Ceux qui pensent que la BD est un art mineur, réservée essentiellement aux enfants, je vous invite à lire ce livre,
Medz Yeghern, le Grand mal de Paolo Cossi.
En effet, il aborde un sujet assez original pour ce type de support, le génocide arménien. Bien sûr, le dossier
spécial de l'Histoire d'avril dernier, la pétition sur Internet émanant de Turcs demandant pardon au peuple arménien, les travaux d'historiens turcs décrivant ce génocide (Fuat Dündar,
Taner Akçam) semblent contribuer à faire sortir progressivement de l'oubli ce génocide encore méconnu du grand public.
Il n'en demeure pas moins que le sujet reste encore très sensible pour les autorités turques (plus particulièrement ches les nationalistes).Surtout quand l'Assemblée nationale de la France a reconnu officiellement le génocide arménien par une loi dite mémorielle
(octobre 2006). Cela a fortement déplu aux autorités turques. Bref, encore beaucoup de crispations autour de cet événement historique.
Cette BD a pour grande vertu de présenter dans une histoire courte, la réalité de cet "épisode" de la 1ère GM. Le dessin est un peu austère, car en noir et blanc mais ce qui saisit immédiatement
le lecteur c'est le réalisme des scènes et des attitudes des personnages. Sans tomber, certes, dans un "hyper réalisme," Paolo Cossi n'hésite pas à montrer les actes les plus violents de
cette extermination du peuple arménien. Il s'inspire comme il le signale en note, de véritables photographies prises lors des massacres. Mais parfois le dessinateur prend une certaine liberté à
représenter ces massacres par quelques déformations qui évoquent des images de cauchemard. A d'autres moments, ce sont de gros plans sur les visages ou sur les regards qui ne sont pas sans
rappeler certains plans de films du cinéma expressionniste.
L'histoire raconte comment une jeune arménien du nom d'Aram, soldat de l'armée turque est éloigné du front pour être exécuté avec d'autres jeunes arméniens. Par chance, il survit et trouve de
l'aide auprès d'un Turc qui n'accepte pas cette épuration ethnique (voilà une petite trouvaille scénaristique qui évite tout manichéisme). Par ailleurs, des témoins extérieurs, en particulier,
allemands, alliés des Turcs dans cette guerre tentent de dénoncer ces crimes.
Dans la préface de cette belle BD, Antonia Arslan déplore que ce génocide ne soit toujours pas abordé dans nos programmes scolaires : qu'il se rassure. Désormais, il se trouve en bonne
place dans les programmes : en classe de 3è et en 1ère. II est d'ailleurs, le 1er génocide du 20è siècle qui est étudié dans la perspective d'un second, plus connu, celui des juifs. Il n'en
demeure pas moins que la question peut être sensible encore dans des classes où nous avons des jeunes d'origine turque mais que cela ne nous empêche pas de rechercher une certaine vérité
historique, la plus objective possible. La multiplication des travaux, des supports et des approches peut nous faciliter la tâche. Cette BD trouvera donc bientôt sa place dans notre CDI.
Après une rapide recherche sur Youtube, je constate que certains documents mis en ligne proviennent de la propagande turque (sans doute nationaliste). Eh, oui, le Net est également un moyen de
diffuser une histoire revue et corrigée voire de la pure désinformation...Rien de neuf sur le soleil, ce qui nécessite sur le sujet (Arménien) un certain sens critique.
En attendant, voici un petit reportage extrait de Soir 3 (résumant rapidement le génocide et donnant la parole aux témoins du massacre).
La France a recruté extrêmement tôt des soldats issus des colonies bien avant la première Guerre
Mondiale. Les « Indigènes », comme on les appelait, sont constitués d'Algériens de Marocains de Tunisiens et d'Africains venant d'Afrique noire. Après plus d'un siècle d'existence ces
régiments de tirailleurs et de spahis ont toujours été considérés comme inférieurs aux régiments Européens, ce qui était à l’image des rapports coloniaux.
Ces mêmes Algériens, Marocains (etc…) ont participé à la campagne de France de mai-juin 1940. Lors de
ces combats 60000 Algériens et 15000 Africains seront fait prisonniers, certains décapités mais beaucoup mourront de tuberculose.
Dès 1941, une grande partie des troupes des Forces françaises Libres dirigées par De Gaule est
constituée d’ « Indigènes ». A partir de 1943, le Général De gaulle décide d'établir la parité des soldes entre européens et indigènes car ces derniers ne reçoivent que très
rarement des commandements ils furent pourtant très loyaux. Ces mêmes « Indigènes » prennent part aux Campagnes de Tunisie de France et d'Italie.
Goumier, soldat berbère marocain de l'armée française
Peu savent que ce sont les tirailleurs Marocains qui ont libérés la Corse , que ce sont les Algériens
aidés par les FFI qui ont libéré Marseille, Toulon, Lyon et Mulhouse et qu'une grande part de la fameuse 2eme DB du générale Leclerc a libéré Paris. Jusqu'à la fin de la Seconde Guerre Mondiale
le Indigènes subissent des discriminations comme le fait de ne pas pouvoir dépasser le grade de capitaine alors que deux ans suffisent pour un Européen de passer de sous-lieutenant à lieutenant,
il fallait jusqu'à six ans pour un soldat indigène.
Toutes ces inégalités pour ces soldats issus des colonies qui ont tout de même délivré la France de
l'occupation Allemande étaient injustifiées.
Ces oubliés de l'histoire ne demandent pas seulement une amélioration de leurs pensions ils demandent
seulement a être reconnus et non pas oubliés comme ce fut le cas jusqu'au film du Français, Rachid Bouchareb.
Marion De Cassan.
Les « indigènes » après la
guerre
26 décembre 1959:Apparition de la loi de "Cristallisation" qui gèle le montant des pensions des "Indigènes".
Septembre 2006:Nicolas Sarkozy propose en conseil des ministres le relèvement des pensions des anciens combattants de l'armée
française originaires des Anciennes Colonies D'Afrique et d'Asie grâce à l’excellent film, « Indigènes ».
Un film à ce sujet: Indigènes de Rachid Bouchareb.
1943. Ils n'avaient encore jamais foulé le sol français, mais parce que c'est la guerre, Saïd,
Abdelkader, Messaoud et Yassir vont s'engager comme 130 000 autres "Indigènes" dans l'armée française pour libérer "la mère patrie" de l'ennemi nazi. Ces héros que l'histoire a oubliés,
vaincront en Italie, en Provence, et dans les Vosges, avant de se retrouver seuls à défendre un village alsacien contre un bataillon allemand.
http://tadrart.com/tessalit/indigenes/enseignants.html: Site qui propose des textes et documents sur le contexte historique de la seconde Guerre Mondiale.