Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 22:43

Dans le genre exigeant et toujours peu casse-gueule du biopic, la Dame de fer m'a laissé un peu perplexe. Comment faire un film sur une femme si controversée, si adulée par les conservateurs, si haïe par la gauche ?

 

http://s.plurielles.fr/mmdia/i/63/1/meryl-streep-dans-la-dame-de-fer-film-10644631fkibd_2041.jpg?v=8http://geminiastro.files.wordpress.com/2010/10/thatcher-photo1.jpg

Le parti pris par la réalisatrice anglaise Phyllia Lloyd est de suivre la Dame de fer de l'intérieur, au plus proche en partant du naufrage de sa vieillesse et de sa démence. Il y a forcément une irréductible empathie du spectateur. Le film est ainsi habilement construit ou plutôt déconstruit.....Margaret dialogue avec son mari décédé depuis longtemps. Elle se rappelle et on découvre sa vie par flash, par réminiscence....Et par interlude, nous la voyons divaguer, perdue dans ses pensées ou le passé et le présent se mélangent.....Il y a de quoi avoir le vertige.

L'interprétation de Margaret par Meryl Streep est parfaite....On peut même parler de performance....mais je n'aime pas bp cette expression...un peu trop à l'américaine (Actors Studio). Le maquillage des Margaret aux différents âges sont époustouflants.  Meryl Streep, presqu'Oscarisée donne par ailleurs, à cette Dame de fer, une certaine humanité, elle nous montre ses failles, ses colères et son intransigeance.  Infléxible, femme de poigne, pugnace ....les adjectifs sont nombreux pour définir son caractère bien trempé. 

 

 

 

 

Et c'est là où la mécanique se grippe et se rouille du même coup. Le biopic tourne au bout du compte à l'hagiographie.....Ste Margaret, Ste Infléxible, Ste Conservatrice, Ste Courage.... La réalisatrice nous montre bien sûr quelques manifestations, quelques coups donnés par la police sur quelques mineurs excédés en éludant trop rapidement les luttes et la révolution conservatrice que Miss Maggie a initiée contre les classes populaires en désengageant l'Etat de toutes ses missions non régaliennes. On ne voit donc aucun des oubliés, des appauvris de la décennie thatchérienne.

Le film insiste d'ailleurs surtout sur les réussites de Maggie, l'embellie capitaliste des années 80 et surtout la victoire militaire contre la dictature argentine pour conserver les îles Malouines (Falklands).

 

Afin d'équilibrer quelque peu cette vision trop univoque, je vous conseillerais de visionner quelques films de Ken Loach : Raining Stones ou encore  My name is Joe

 

 

 

 

 

Jean-Christophe Diedrich

Par Diedrich - Publié dans : Terminales Es et STG
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Vendredi 10 février 2012 5 10 /02 /Fév /2012 18:03

http://pics.filmaffinity.com/Boss_Serie_de_TV-967212203-large.jpg

C'est la loi des séries, la riche production des chaînes de télévision américaines nous conduit à explorer l'histoire américaine d'une autre façon.

 

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Chicago est la 3ème plus grande ville des EU avec une aire métropolitaine (Chicagoland) qui dépasse les 9,7 M d'hab. Chicago c'est un monde, la porte du Middle West réputée également pour son école d'architecture, ses abattoirs, Al Capone, sa corruption,  le jazz, son équipe de basket, sa bourse, son aéroport, ses émeutes raciales et j'en passe.

 

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La nouvelle série produite de la chaîne câblée Starz, Boss nous propose de nous glisser dans la peau d'un animal politique pour y voir les dessous et les arcanes du pouvoir dans la ville de Chicago. La première séquence filmée par l'excellent cinéaste Gus Van Sant nous apprend que le Boss, Tom Kane, le premier magistrat de la ville  est atteint d'une maladie dégénérative. Comment va-t-il gérer cette maladie dans un contexte électoral complexe ?

 

 

 

 

Cet homme à la mâchoire d'acier et au regard glacial est un animal politique de la pire espèce. Il a tout sacrifié, sa femme, sa fille, sa vie sociale pour détenir ce pouvoir et cette puissance. Sa voix grave renforce son autorité qui dépasse le plus souvent le cadre de ce qu'on pourrait légitiment tolérer. Le Boss est tyrannique, obsessionnel, il emploie la violence directement ou par ses hommes de main. Il corrompt, il terrorise, il séduit aussi mais le pouvoir isole progressivement.

Ses réseaux sont anciens et tous peuvent servir et quand l'animal politique semble pris au piège, il retourne la situation et châtie tous les traitres. Quant aux médias, il sait les acheter ou les utiliser. Ses conseillers zélés envisagent la politique comme un vaste plan "com".

Si l'action se passe à Chicago, cela ne semble pas anodin. Ce fut la ville d'Al Capone ou de Jimmy Hoffa, la corruption est ici une religion ! La série rend hommage indirectement à l'ancien maire Richard J. Daley entre 1955 et 1976 qui était lui aussi surnommé le Boss. Il réussit certes à transformer la ville mais au prix de méthodes, le plus souvent contestables.

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Les adversaires existent pourtant, un journaliste curieux qui au bout du compte se fait corrompre, des hommes politiques qu'on peut faire chanter, des médecins qu'on peut contraindre à se taire.... la morale de cette série, c'est qu'il n'y a pas de morale dans la vie politique surtout dans l'Illinois. Tous les coups sont permis, toute personne est corruptible ou alors à éliminer.....ah Machiavel et son Prince ne sont pas loin de Chicago !

 

 

 

http://www.chicagomag.com/images/2011/1111/C201111-A-Boss-Show-Grammer-and-reporters.jpg

 

 

 

 

Pour aller plus loin sur Chicago :

- L'excellente vidéo d'Etienne Augris sur la géographie de Chicagoland

- L'article complet sur Wikipedia sur l'histoire de Chicago.

- Un article sur la série Boss

- Le bon N° de l'HIstoire, n° 339 de février 2009, consacré à Chicago.

 

http://mondomix.com/blogs/media/image/image/Chicago-L%27histoire.jpg

 

Jean-Christophe Diedrich

Par Diedrich - Publié dans : Cinéma
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Dimanche 5 février 2012 7 05 /02 /Fév /2012 11:38

Dans les nouveaux programmes de géographie de 1ère, on évoque bien sûr les villes mais aussi les campagnes.

Le vieux concept géographique de "diagonale du vide" s'est mué depuis, en "diagonale aride"....une mode ? En fait, la "diagonale" s'est un peu raccourcie car durant la période 1999-2006, les départements ruraux du Sud-Ouest n'ont plus perdu de population. Ce qui limite la diagonale aux départements du Centre et du Nord-Ouest.

http://www.insee.fr/fr/insee_regions/lor/themes/EL/EL205-206/Carte14.png

 

 

POur autant, l'aridité laisse entendre d'autres problèmes, le manque d'eau par exemple alors que ces départements qui souffrent d'une crise démographique ne manquent par vraiment d'eau mais d'habitants.

http://ageekculture.free.fr/wp-content/uploads/profils1.gif

 

 

Mais là, n'est pas mon propos, nous allons regarder quelques extraits d'une série de trois films de Raymond Depardon intitulés Profils Paysans.

http://www.lemoniteur.fr/media/IMAGE/2009/03/04/IMAGE_2009_03_04_275049.jpg

 

Depardon est un photographe reconnu qui a sorti il y a peu, un maginifique et énorme ouvrage sur la France où il a réussi à saisir une France contemporaine mais encore marquée par les espaces et la ruralité.

http://4.bp.blogspot.com/_XyFoNXmK3YA/TKhE69DeLBI/AAAAAAAAAcc/E2-ecF0g98w/s1600/photos+depardon_NEW.jpg

 

 

Auparavant, Raymond Depardon s'était penché sur la ruralité en tournant trois films sur le monde paysan en train de disparaître : Profils Paysans, l'approche en 2001, Profils paysans, le quotidien en 2005 et Profils paysans, la vie moderne en 2008.

 

 

 

Lui aussi, issu de cette France rurale, Depardon a fréquenté ces quelques familles de la Lozère, de l'Ardèche ou de la Creuse devenant intimes. Ces paysans l'ont alors accueilli dans leur cuisine et ont accepté avec un certain naturel la caméra.

Les films ne sont bien sûr, pas des films d'action....l'impression de lenteur demeure mais pour laisser place à un certain exotisme. Plus encore, nous remontons un peu le temps...celui du XXè siècle qui a vu disparaître en masse les agriculteurs.

C'est pouquoi la caméra sensible, laisse place aux silences, aux non-dits, aux bruits de la ferme. Il n'y a pas ici de folklore, ni de nostalgie comme dans les reportages du 13 h de TF1 "dans le petit village, un sabotier....etc;" de JP Pernaut.

Le regard porté est celui plutôt d'un observateur neutre, d'un sociologue ou d'un anthropologue qui fait un inventaire avant la disparition de ces hommes voués à la terre. Pas de passéisme nostalgique, on voit aussi des jeunes, des enfants qui espèrent reprendre l'exploitation.

 

Là, où Depardon est un grand réalisateur, c'est qu'il laisse tourner la caméra lors d'une négociation entre un paysan et un  représentant de commerce. On s'amuse de la comédie de cette négociation commerciale telle qu'elle existait sans doute avant. J'imagine cette scène dessinée par Daumier !

Observez les petits regards du paysan faits à la caméra quand il dit "nan, nan, nan".... La Comédie humaine dans un monde en sursis touche à l'universel, à l'immuable.

 

 

 

 

Jean-Christophe Diedrich

Par Diedrich - Publié dans : Première
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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 21:42

Il ne faut plus s'étonner aujourd'hui, les séries TV sont devenues en une décennie un genre cinématographique à part entière....où les scénaristes mettent en place dans la longueur des personnages complexes et des intrigues haletantes. The Hour est l'exemple de la série réussie.

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Bien plus encore, elle est une série estampillée "qualité supérieure" et "appellation d'origine contrôlée"production BBC à consommer sans modération. Cela tombe bien, il n'y a que 6 épisodes pour cette première saison. Aussi a-t-elle tout de suite attiré mon attention. Non seulement parce qu'elle a l'originalité de nous emmener dans une époque peu explorée par les séries mais parce que la photographie est soignée.

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En un clin d'oeil, les décors, les costumes nous plongent dans ll'Angleterre du début de la Guerre froide avec un rare sens du détail (voir les illustrations).   L'histoire nous conduit successivement dans les rues de Londres, les appartements au confort limité ou dans un manoir de l'aristocratie britannique. Mais l'essentiel de l'intrigue se déroule  dans les bureaux et les studios de la BBC.  Le décor s'inscrit plus largement dans une toile de fond historique, l'affaire du canal de Suez en octobre-nov 1956 et la répression soviétique en Hongrie. 

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Deux jeunes journalistes se voient confier une nouvelle émission d'information à la BBC. Bel Rowley (Romola Garaï qui a déjà tourné pour les plus grands : Woody Allen, Kenneth Branagh ou François Ozon) est la principale héroïne et  vient de se voir attribuer le poste, très convoité de productrice de l'émission : ce qui est assez rare pour un époque plus marquée encore qu'aujourd'hui par la mysoginie. Jeune mais aussi jolie, elle entraîne dans son aventure son camarade, Dominic West qui est de la trempe des journalistes incorruptibles qui ne lâchent jamais leur enquête contre vents et marées : un vrai pitbull (tout le contraire de Claire Chazal) qui cherche la vérité sur une sombre histoire. Mais revenons à l'émission !

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The Hour diffusée à la BBC semble jouer sur la nouveauté. Son présentateur, un bellâtre séducteur, ambitieux peine à trouver ses marques mais il emballe quand même la belle productrice. The Hour rencontre alors le succès tant espérer car l'émission sait  parler d'actualité tout en essayant (sans jamais y arriver complètement) de s'extraire de la  contrainte de la censure du pouvoir politique....C'est là tout l'intérêt de la série : comment les démocraties (déjà anciennes) gèrent la liberté de l'information à la télévision dans les années 50 ?  A l'instar du Ministère de l'information dans la France gaullienne, les Britanniques de la BBC doivent aussi apprendre à composer avec les maîtres censeurs qui traînent dans les couloirs et les bureaux de la BBC.

 

Enfin, il y a une enquête policière :  des morts, des assassinats.....et un truc plus grave qui rime avec espionnage. Mais je n'en dis pas plus !

 

Un article dans un autre blog compare cette série à Mad Men, il y a des liens, c'est sûr mais pas tant que cela. Et comme dans Mad Men, le générique est extraordinairement réussi.

Enfin, voici la bande annonce sur la BBC two !

 

 

 

 

Jean-Christophe Diedrich

Par Diedrich - Publié dans : Cinéma
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Vendredi 30 décembre 2011 5 30 /12 /Déc /2011 00:59
 

Fred Herzog (1930-) est un photographe haut en couleur qui dépeint sa ville de Vancouver en étant l'un des premiers à maîtriser aussi bien le Kodachrome. 

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Il quitte en 1952 son Allemagne natale encore en pleine reconstruction car son père et sa mère ont disparu durant la 2nde GM. Il multiplie alors les petits boulots dont celui de pêcheur avant d'émigrer au Canada. En 1953, il commence à photographier Vancouver (la côte ouest du Canada) sur des diapos en couleur alors qu'à NY et en France, les photographes humanistes partisans de la  Street photography conservaient le choix esthétique du Noir et Blanc. 

Pour se nourrir, il  pratique également la photographie médicale et enseigne la photographie à l'Université (University of British Columbia) entre 1969 et 1974.

 

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La ville de Vancouver sera le principal objet de son oeuvre malgré quelques infidélités à sa ville d'adoption, comme Mexico, Portland, Toronto. Si il commence à faire des photos au début des années 50, il n'exposera seulement qu'une décennie plus tard. Rapidement, on trouve ses clichés digne d'intérêt et participe à plusieurs expositions mais il  n'exposera seul qu'en 1972 à la Mind's eyes of Vancouver.

Une rétrospective a eu lieu en 2008 et l'a définitivement consacré comme un grand photographe aux yeux de ses concitoyens mais plus largement auprès des amateurs de photographie d'art.

 

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On trouve dans ses clichés toutes les références de l'Amérique du Nord des années 50. L'American Way of life, bien sûr, les néons, les grosses voitures, les publicités, Coca Cola....mais aussi comme ici, des enfants tout droit sortis des peintures de  Norman Rockwell..... Les vues nocturnes quant à elles,  évoquent à s'y méprendre les atmosphères des peintures de Howard Hopper.

 

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Et puis, il y a ces personnages saisis dans leur attitude quotidienne, un homme blessé qui appelle le taxi sous le regard incrédule de la vieille dame qui attend.

 

 

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Il aime également jouer avec les vitrines. Elles constituent en quelque sorte un filtre coloré et étrange pour regarder la rue. Il joue alors avec les plans et offre le regard de l'habitant sur sa propre rue.

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Parfois le photographe scrute la rue de la hauteur de sa fenêtre....des atmosphères de Shaft, de Serpico nous envahissent alors....une Amérique du début des années 70 nous invite à remonter le temps.

 

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Depuis 2008, Fred Herzog connaît un succès grandissant, il expose désormais aux EU mais aussi en Europe en Allemagne et en France (à Toulouse à la Galerie du Château).

 

Jean-Christophe  Diedrich

Par Diedrich - Publié dans : Découvertes et promenades
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Samedi 3 décembre 2011 6 03 /12 /Déc /2011 17:39
Je promenais mon regard sur les rayons de la Médiathèque, un peu en mal d'inspiration quand je me suis arrêté sur un livre de l'excellente collection Photo poche d'Actes Sud....J'y trouvais des portraits de Mike Disfarmer à la pelle sentant bon l'Amérique profonde, celle qui nous fascine mais nous fait un peu peur parfois. Un balayage visuel rapide des pages me précipitait dans l'atmosphère étrange de De Sang froid de Truman Capote.....


Par Diedrich
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Jeudi 3 novembre 2011 4 03 /11 /Nov /2011 23:28

Nous avions tous fait une petite recherche généalogique pour savoir quels métiers exerçaient nos ascendants.

 

Voici les résultats très intéressants des grands bouleversements de la société française à travers cet échantillon (les ascendants de la 1ère ES2)  qui semble finalement assez significatif.

 

La plupart de ces ascendants sont des immigrés venus s'installer en Lorraine, souvent des paysans qui ont été embauchés dans l'industrie. Pour la génération des grands-parents, l'industrie embauche encore plus de la moitié de la main d'oeuvre.


Pour la génération des parents née entre 1960 et 1970, l'industrie est encore surreprésentée par rapport à la moyenne nationale mais l'industrie a fortement décliné et le tertiaire domine très fortement.

 

Il est fortement probable que la génération de la classe de 1ES2 travaillera pour l'essentiel dans le tertiaire : on parle en effet de tertiarisation de la société.

 

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JC Diedrich



Par Diedrich - Publié dans : Première
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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 15:29

 

 

Sanseverino nous amène dans un univers plein de nostalgie mais aussi dans un constat très triste : la France avait des ouvriers, elle les a perdus désormais.  Bien sûr, la chanson résonne d’une manière très particulière dans la tête d’un Lorrain qui a été le témoin de tant de bouleversements, d’effondrements et de déchaînements ces trente dernières années.   

 

 

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     Ouvriers du haut-fourneau R7 (construit en 1902), usine de Rombas (photo du livre de JJ Sitek).


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Les ouvriers mais aussi les ouvrières : ici des mineurs en remplacement des hommes partis au Front, 1914-1918.

(JJ Sitek)

 

 

Les usines

La chanson débute par une énumération de vieux métiers, de vieilles manufactures. Elle parle d’usines de chaussures. Là bien sûr, on est tenté de penser par exemple à la fermeture de l’usine Bata située en pleine campagne en Moselle Est, à  Moussey en 2001. Cette usine construite en 1931 par le tchèque Tomas Bata a longtemps été considérée comme un modèle utopique et paternaliste. Mais en 2001, le groupe Bata ferme arbitrairement cette usine.

 

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« Bataville » à Moussey

 

Il évoque aussi les chantiers navals de la Ciotat fermé en 1987 et le site des usines Renault de l’ïle Séguin à Billancourt où se trouvaient l’essentiel de la production entre 1919 et 1992. Renault, la marque française au losange n’assemble plus que 27 % de sa production en France.

 

 

 

Les luttes

Ces ouvriers avaient réussi pourtant à s’organiser en syndicat, à réclamer des droits grâce à  une prise de conscience que la classe des ouvriers étaient exploités injustement. 

 

L’histoire des luttes ouvrières débute sans aucun doute avec la révolte des Canuts. Ce sont les travailleurs de la soie à Lyon qui en 1831 se révoltent une première fois (Sanseverino parle de 1881, une erreur involontaire ?  Plutôt volontaire, il aime dire « merde au système », ici je l’imagine en train de se dire, il y aura bien un historien « maître Capellotien » qui reprendra et corrigera l’erreur !).

Le point d’orgue dans la mémoire collective de ces luttes demeure sans aucun doute le moment du Front Populaire : la victoire électorale, l’occupation des usines et finalement les accords de Matignon qui validaient une augmentation des salaires, deux semaines de congés payés et la semaine de 40 h.

 

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Mai-juin36, Blocage du portier 2, au Moulin neuf, Rombas (JJ Sitek)

 

 

Les fermetures et la fin des ouvriers

 

La chanson n’est évidemment pas un programme politique, encore moins un tract syndical. Sanseverino imagine qu’on puisse partager le temps de travail (une loi des 35 h qui irait jusqu’au bout de sa logique).....Il ne voit d’ailleurs pas cela comme une utopie.

Mais la lucidité des paroles achève la chanson, « dans la sidérurgie, on ne passera pas notre vie » et les espoirs des ouvriers.  La fermeture des derniers fourneaux à Hayange et Gandrange par l’indien Mittal va sans doute clôturer une histoire de trois siècles d’industrie sidérurgique en Lorraine. Un blog syndical relate avec photos à l’appui, le passage de Nicolas Sarkozy à Gandrange et des promesses qu’il n’a pas tenues.

 

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Photographie de la manifestation du 3 octobre 2011 (photo du RL : voir l’article)

 

Bien sûr, le combat collectif demeure la solution mais le découragement et la mondialisation semblent donner raison à la fatalité.

 

 

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Vue sur l’usine de Gandrange, aujourd’hui 

 

Les ouvriers disparaissent donc de la France en même temps que les usines. Le rapport de Lilas Demmou (rapport de la DG du Trésor) en explique avec précision les mécanismes.

 

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(extrait du rapport de Lilas Demmou, 2010)

 

                La perte de 1,9 millions d’emplois dans l’industrie entre 1980 et 2007 laisse peu d’espoir pour ce secteur d’activité. Les dernières phrases de la chanson témoignent d’un processus qui semble irréversible (à moins de parler de démondialisation ?). D'ailleurs, les manifestants n'ont plus les "arcades ouvertes", les élus aujourd'hui sont à leurs côtés mais tous sont bien démunis face à l'Ogre Lakshmi Mittal, sorte de parangon de la mondialisation.

 

 

 

 

Les ouvriers

 

Ecouter sur Deezer (album Exactement : chanson n°8)

 

Charpentier, imprimeur, mécanicien, tourneur,
De vieilles manufactures ou d'usines de chaussures
De crises économiques en restructurations,
De fermetures d'usines et de chantiers en perdition.
Salut c'est nous, nous sommes les ouvriers

Manufacture de coton, de laine et de soie
Les forges chez Renault, chantiers de La Ciotat
D'où sortaient les bagnoles, des paquebots et du tissu.
Y'en avait du boulot, ben, aujourd'hui, y'en a plus.
Cadences précarité, nous sommes les ouvriers.

Le Front Pop de 36, c'était y a bien longtemps.
40 heures à la semaine, de l'espoir pour 20 ans
Les congés sont payés, on n'osait même plus en rêver.
Ca durera pas longtemps le chômage viendra tout doucement.
On va morfler, c'est nous les ouvriers.

Tabassés les canuts 1881,
1848 les ouvriers parisiens,
Le travail à la chaîne des O.S de chez Citroën
Métro, déprime, dodo des licenciés chez Renault.
C'est notre histoire à nous, à nous les ouvriers.

Prolétaires, patrons milliardaires
Sont faits pour se plaire.
Pourquoi pas aménager, modifier les horaires
Et changer aussi les salaires.
Ceux pour qui on bossait nous ont bien baisés,
C'est compris merci, c'est pas compliqué.
De moins en moins payés, nous sommes les ouvriers.

Une grève générale et le pouvoir vacille.
Sacrifier son salaire n'est pas aussi facile.
Pour le pouvoir d'achat, il n'y a qu'le combat collectif,
L'augmentation du niveau d'vie sera notre objectif.
Tout va changer, c'est nous les ouvriers.

Rentrer d'une manif les deux arcades ouvertes
Retour au quotidien, omelette et salade verte.
Avoir quelques copains, discuter politique,
Partage du temps d'travail, ce n'est pas utopique
C'est nos idées à nous, à nous les ouvriers.

Prolétaires, patrons milliardaires
Sont fait pour se plaire.
Pourquoi pas aménager, modifier les horaires
et changer aussi les salaires
Ceux pour qui on bossaient nous ont bien baisés,
C'est compris merci, c'est pas compliqué.
De moins en moins nombreux, nous sommes les ouvriers

Le prolo qui va au charbon a toujours raison.
L'ouvrier parisien est teigneux comme un chien.
Dans la sidérurgie on passera pas notre vie.

 

 

 

 

Bibliographie

  JJ Sitek, Le monde de l’usine, Rombas, Serge Domini, 2005, 303p.

G. Noiriel, Les ouvriers dans la société français, Point Seuil, 1986.

 

 

JC Diedrich

Par Diedrich - Publié dans : Première
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 18:30

Il  y a déjà plusieurs semaines, la Une de Télérama titrait « Féministe parce qu’il le faut bien ! », l’illustration sur fond jaune montrait une ouvrière montrant ses muscles (ou esquissant un bras d'honneur ?), un foulard rouge sur la tête et du rouge sur ses lèvres.  Cette image reprenait une affiche de propagande de Miller datant de 1942, intitulée elle-même We can Do it !  Cette femme était l’une des représentations les plus marquantes de la mobilisation des femmes américaines durant la 2nde GM, une certaine Rosie surnommée la riveteuse !

 

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Les Etats-Unis en guerre
Depuis décembre 1941, les EU sont en guerre et mobilisent toutes ses forces pour le combat. L’armée, bien sûr, l’industrie militaire mais aussi les populations. Les hommes partis sur le front (près de 16 millions de mobilisés), la propagande en appelle aux femmes afin qu’elles quittent leur foyer et compensent le manque de main d’œuvre dans les différents secteurs de l’industrie.
L’Oncle Sam en appelle également à l’impressionnante industrie des loisirs américaine pour mobiliser la population et stigmatiser les nouveaux ennemis (les Japonais mais aussi les Allemands).  Il ne faut pas plus de dix jours pour  que a première chanson donne le ton : Remember Pearl Harbor de Sammy Kaye un véritable appel à la vengeance et dès janvier 42, elle est 3ème au Hit-Parade.
Une avalanche de titres arrivent sur les chaînes de radio, tous plus violents (et aux accents vengeurs) les uns que les autres. Les musiciens noirs (Lester Young ou Count Basie par exemple) ne sont pas en reste et proposent aussi des titres avec le même esprit. .
On connaît aussi bien sûr les dessins animés qui n’ont pas échappé aux excès du patriotisme ambiant, Betty Boop, Mickey, Dingo et autres bestioles de Disney ainsi que les Tex Avery.

 

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Par Diedrich - Publié dans : Première
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Lundi 19 septembre 2011 1 19 /09 /Sep /2011 18:01

Chers élèves

 

 

Comme je le soulignais tout à l'heure en cours.....le procès Eichmann a marqué les esprits et a rompu avec l'amnésie autour du génocide juif  qui dominait encore en France entre 1945 et 1961. Le long procès filmé est l'occasion de présenter les crimes nazis au grand jour et au grand public.

 

Eichmann_en_uniforme.jpg

 

 

Une question s'est alors posée : Eichmann était-il un simple exécutant (comme il s'est présenté lors de son procès) ou au contraire un décideur qui a participé activement à la Solution finale ?

Le procès sera l'occasion de prouver qu'un homme qui organise de son bureau un génocide est un criminel.

 

Eichmann, le nazi

Né en 1906, il adhère en 1934 au parti nazi et devient dès 1935, il est affecté au Bureau des Affaires juives. Il travaille dans les années suivantes au projet de l'expulsion des Juifs d'Allemagne vers la Palestine. La guerre débutée, il continue à gérer les affaires juives en prenant la tête de l'office centrale de l'émigration du Reich. En oct 41, il est nommé à la planification du génocide juif et en janvier 42, il organise la conférence de Wannsee où il est arrêté le principe de la Solution finale. Eichmann est nommé administrateur du transport pour la Solution finale. En 1944, il est nommé en Hongrie où il va accélerer encore le processus génocidaire dans ce pays.

 

La cavale

En avril 45, il s'enfuit en Autiche où il est arrêté. Il réussit à s'enfuir en 1946 et se cache avant de quitter l'Europe pour l'Argentine en 1950. Il travaille dans différentes branches et est rejoint rapidement  par sa famille. En mai 1960, il est enlevé en pleine rue de Buenos Aires par les services secrets israëliens.

 

Le procès

Le procès a lieu entre avril et déc 61. Eichmann doit répondre à 15 chefs d'inculpation. Condamné à mort, il est pendu en 1962.

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Pour aller plus loin :

- Une exposition au mémorial de la Shoah intitulée Juger Eichmann nous invite à comprendre les enjeux de ce procès. Sur le site internet, on peut suivre la capture, le portrait, l'Etat d'Israël contre A. Eichmann.

- Un Spécialiste est un reportage de Rony Brauman utilisant les dizaines d'heures du procès pour saisir la personnalité d'Eichmann.

- Il existe également un film de fiction américain de Robert Young appelé Eichmann et datant de 2007.....et montrant le contexte particulier du procès et les difficultés de son avocat commis d'office pour organiser sa défense.

 

 

 

JC Diedrich

 

Par Diedrich - Publié dans : Terminales Es et STG
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